affirmée, stylée et au sommet de sa carrière à 73 ans

VU D’AILLEURS – Maye Musk est douze fois grand-mère, top model et auteure de best-sellers. À 59 ans, la mère du fondateur de Tesla Elon Musk a décidé de ne plus se teindre les cheveux et de changer radicalement de vie. Aujourd’hui âgée de 73 ans, sa vie est plus belle que jamais.

Par Maria-Antonia Gerstmeyer (Die Welt)

Plutôt hors du commun : à 73 ans, elle donne l’impression d’essuyer les traces du temps d’un simple disque de coton humide. «C’est vrai, les gens sont toujours surpris que je sois encore si belle à mon âge», lance Maye Musk, lorsque le magazine ICONIST la contacte par téléphone à New York. Dans son style vestimentaire aussi, elle va à l’encontre de tout ce que l’on classerait dans la catégorie des vêtements adaptés à sa tranche d’âge. Maye Musk privilégie les couleurs vives, les chemisiers transparents et porte ses cheveux gris très courts.

À 73 ans, la mère du fondateur de Tesla Elon Musk est au sommet de sa carrière : elle pose pour des marques telles que Ugg et Moschino, donne des conférences sur la nutrition et écrit des best-sellers. Elle compte plus de470.000 followers sur Instagram, à qui elle prouve via ses posts que l’on peut encore être stylée et intéressante à l’âge où d’autres profitent de leur retraite. En parcourant son compte, difficile d’imaginer que sa vie a été marquée par des graves difficultés financières, un mari violent et de nombreuses déceptions. «En tant que mannequin, j’ai appris à accepter le rejet», dit-elle. «Après un casting infructueux, on se prépare tout simplement pour le suivant, aux côtés de 300 autres femmes».

Maye Musk est née en 1948 dans la province canadienne de la Saskatchewan. Alors qu’elle a deux ans, sa famille déménage en Afrique du Sud. À 21 ans, elle atteint la finale du concours de beauté Miss Afrique du Sud. À cette époque, elle a déjà obtenu son diplôme de diététique et ouvert son propre cabinet de diététicienne. Mais elle épouse la mauvaise personne : Errol Musk, un ingénieur fortuné, avec lequel elle aura trois enfants en trois ans. Il n’hésite pas à la battre et à la maltraiter devant les enfants, tant et si bien qu’Elon, le fils aîné âgé de cinq ans, en vient à frapper son père dans le creux des genoux pour qu’il relâche sa mère.

Pendant longtemps, la jeune femme ne parvient pas à se séparer de son mari, notamment parce qu’il menace de la défigurer avec une lame de rasoir et de faire des enfants des infirmes si elle décide de le quitter. «J’avais une peur panique de lui», écrit-elle dans son autobiographie A woman makes a plan. «C’est pour cela que je n’ai pas demandé le divorce plus tôt, parce que j’étais terrifiée».

Après neuf ans de mariage, elle finit pourtant par se séparer de lui, se partage entre son rôle de mère célibataire et des contrats de mannequinat, mais continue de vivre dans la peur, car le divorce ne sera officiellement prononcé que neuf autres années plus tard. Dans son livre, elle raconte comment celui qui était encore son époux est entré dans sa maison et l’a suivie dans la rue avec un couteau, jusqu’à ce qu’elle trouve refuge dans une maison voisine.

À la fin des années 80, Maye Musk retourne vivre au Canada. Quelques années plus tard, elle place toutes ses économies, 10.000 dollars mis de côté grâce à son emploi de diététicienne et à ses contrats de mannequinat à temps partiel, dans une entreprise appelée Zip2, que ses deux fils créent dans un petit bureau de la Silicon Valley. À l’époque, Internet n’en est qu’à ses balbutiements. Zip2 est une sorte d’annuaire numérique, qui sera finalement revendu au géant du matériel informatique Compaq pour 307 millions de dollars.

Elon Musk empoche 22 millions de dollars lors de ce rachat et sa mère comprend tout de suite qu’elle n’aura aucun souci à se faire pour son fils aîné. Si avant notre discussion téléphonique, son équipe nous avait demandé d’éviter les questions sur Elon, dans son livre, elle révèle quelques souvenirs, par exemple que tout petit déjà, il lisait beaucoup, et que la famille l’appelait Genius Boy car il savait tout sur tout. Surnom qu’il a finalement échangé contre celui de «Technoking of Tesla».

De formidables réunions de famille

Ses deux autres enfants ont eux aussi fait carrière : sa fille Tosca est productrice et réalisatrice d’adaptations de romans à succès, et son fils Kimbal est un entrepreneur à la tête de plusieurs restaurants. «Bien sûr, je porte l’entière responsabilité de leur réussite», plaisante Maye Musk au téléphone pour rapidement changer de sujet. «Mes enfants suivent leur propre chemin, ils n’ont de cesse de me surprendre». Elle entretient des relations étroites avec les trois. «Nos réunions de famille sont absolument géniales», dit-elle en riant. «Nous nous retrouvons souvent lors des lancements de Tesla et Space X.  Le mois dernier Kimbal est venu à Los Angeles pour une première de Tosca, et Tosca et moi-même sommes récemment allées à Aspen pour un gros événement de Kimbal».

C’est peut-être la réussite de ses enfants qui lui a donné la confiance en soi dont elle avait besoin pour prendre un tournant clé dans sa carrière : à 59 ans, Maye Musk a décidé de ne plus se teindre les cheveux, et d’arborer leur gris naturel. Et c’est précisément ce qui lui a permis de percer enfin dans le domaine du mannequinat. Deux ans plus tard, elle apparaît en une du «New York Magazine» – nue et enceinte. Bien sûr, elle n’était pas vraiment enceinte, la photo devait simplement en donner l’impression. Cette une s’inscrit parfaitement dans sa mission : «Je veux montrer aux femmes qu’on peut être très belle à n’importe quel âge».

Si Maye Musk apparaît toujours souriante lors des interviews et conférences, les heures sombres de son passé refont régulièrement surface. «Ce n’est pas facile de prendre confiance en soi quand on a été opprimée pendant 18 ans», explique-t-elle. Et quand elle dit l’instant d’après qu’il faut travailler dur pour avoir confiance en soi et s’entourer uniquement de gens bienveillants, cela sonne bien moins comme une phrase creuse que comme le conseil d’une femme qui a survécu à de nombreuses tempêtes.

Des remèdes faciles

Bien qu’elle ait longtemps exercé comme diététicienne, Maye Musk a souvent dû lutter contre des problèmes de poids. Par deux fois, elle a perdu et repris 30 kg. Quand on se sent mal dans sa peau, dit-elle, on se tourne vers des remèdes simples, comme la nourriture. «Cela évite de se confronter à ses problèmes, mais au final on se sent encore plus mal». Depuis, elle est parvenue à garder la ligne.

Il a également fallu un certain temps pour que Maye Musk trouve son propre style. Elle n’a découvert quels vêtements lui allaient vraiment que lorsqu’elle a rencontré la styliste Julia Perry, alors qu’elle avait déjà plus de cinquante ans. «Après tout, j’étais avant tout diététicienne», se souvient Maye Musk. «Je pensais que je m’habillais très bien». Lorsque Julia Perry lui a dit que ses vêtements étaient affreux, cela a été un véritable électrochoc. «Aujourd’hui, quand elle m’habille pour un événement, elle mélange des éléments de jeunes créateurs à ce qu’elle trouve dans ma garde-robe. Les gens pensent que je m’habille comme cela moi-même», dit-elle.

Dans son livre, Maye Musk écrit qu’elle n’a jamais rencontré le grand amour, bien qu’elle ait essayé quelques sites de rencontre. Est-elle encore à la recherche de son prince charmant ? «Mon agenda ne me le permettrait pas», dit-elle. «Et puis, j’aime passer du temps seule avec mon chien, et ça, ça ne plaît pas forcément beaucoup aux hommes».

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