ce que les candidats ont dit

A l’heure des grands bouleversements provoqués par la Covid et la guerre en Ukraine, comment reconstruire une autonomie sécuritaire, alimentaire, sanitaire, économique et militaire, afin de ne pas laisser les aléas du monde impacter la vie quotidienne des Français ? A deux semaines du scrutin, des candidats de la présidentielle ont participé au « Grand oral de la présidentielle » organisé par Europe 1, Le Journal du Dimanche et Paris Match.

Yannick Jadot

Le candidat écologiste a d’abord été interrogé sur l’embargo sur le gaz russe proposé par les Etats-Unis et auquel il est favorable. Il a expliqué être « un européen convaincu qu[i] ne supporte pas qu’il y ait une guerre sur le sol européen », ajoutant que les « importations de gaz et de pétrole russe financent pour moitiés les recettes du budget russe. Ce qui finance la guerre sont nos importations de pétrole. » Afin de mettre à profit cette mesure, il a dit souhaiter pour la France d’être « acheteur unique pour que l’on fasse comme pour les vaccins, une idée reprise par la Commission européenne » tout en voulant « suspendre les directives européennes sur la suspension des prix. » L’écologiste a tablé sur un « grand projet de sécurité climatique et énergétique européen » pour pouvoir « investir massivement sur l’isolation des bâtiments, avec un objectif de 40% d’efficacité énergétique d’ici 2030, ce qui permettra de « réduire de deux tiers notre importation de gaz. » Il a clos ce chapitre en concluant : « Les seules énergies de paix, souveraineté et sécurité sont les énergies renouvelables. »

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Vint ensuite la question du nucléaire. Yannick Jadot a déclaré que nous avons en France, aujourd’hui « vingt-quatre réacteurs arrêtés sur cinquante-six, c’est plus que 40% de notre parc nucléaire arrêté car il est vieillissant […] L’enjeu est-il de construire de nouveaux réacteurs en service en 2040-2045, au mieux ? Ou, comme nous le proposons, en investissant sur les économies d’énergie avec le déploiement d’énergies renouvelables ? Si on les met ne place, c’est 30% de nos importations de gaz dont on peut se passer. » Il a ensuite fustigé les entreprises Total et ENGIE, lesquelles ont permis à Vladimir Poutine de créer une dépendance européenne sur le gaz russe.

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Puis, une question du public demandait s’il était pour la fusion nucléaire. Le candidat des verts a répondu que la « fusion nucléaire est une énergie de fin du siècle. Ce qui se joue maintenant, tout de suite, c’est la dépendance à la Russie et au pouvoir d’achat des Français». Et l’armée européenne ? Est-il encore pour alors que l’Allemagne a décidé d’acheter des avions de chasse aux Etats-Unis plutôt qu’à la France ? « Si on veut peser en tant que Français, on a besoin de l’Union Européenne » a-t-il commencé par expliquer avant d’ajouter : « On a besoin d’une grande politique de défense et je regrette cette décision du gouvernement allemand qui se voit contraint d’acheter des avions américains pour transporter des ogives. Je veux une politique de réindustrialisation, mais aussi renforcer l’union franco-allemande. » Partisan d’une « fédération européenne », il a toutefois dit qu’il pensait « l’intégration de l’Ukraine impossible à ce jour tant qu’on n’aura pas changé certaines règles et porté un nouveau projet. »

Il s’est aussi prononcé pour l’OTAN et refuse de sortir de son commandement intégré : « Quand on aura une vraie politique de défense européenne, on pourra se poser la question de notre appartenance à l’OTAN. Le parapluie américain a été retiré en partie sous Obama déjà. Il faut que l’Union européenne participe à un ordre mondial du climat et de la paix. »

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Valérie Pécresse

Positive au Covid, la candidate LR a répondu par Visio aux questions des journalistes et du public. «Je dois respecter cinq jours d’isolement mais je n’ai plus aucun symptôme», a-t-elle expliqué en propos liminaire. Elle a ensuite expliqué son programme en terme de souveraineté alimentaire. «La souveraineté alimentaire, c’est garantir l’alimentation de tous les européens», a-t-elle expliqué. «L’écologie c’est le produire local, produire davantage et produire mieux». Elle a annoncé vouloir «mettre fin au programme Farm to Fork et aux jachères obligatoires. «Je veux une agriculture productive, il faut assurer un revenu digne aux agriculteurs et imposer n vrai rapport de force avec la grande distribution». «Un jour et demi sur cinq nous mangeons des produits exportés», a-t-elle ajouté, avant de prendre l’exemple de la lentille. Alors que la célèbre lentille du Puy est en danger, «la lentille canadienne contient des pesticides que nous n’avons pas le droit d’utiliser en France». «Il faut aider nos éleveurs et nos pêcheurs», à faire face d’un côté à l’augmentation des prix des céréales en raison de la guerre en Ukraine et de la hausse des carburants, en raison de la flambée des prix de l’énergie.

Elle est ensuite revenue à la fois sur la désindustrialisation de la France et le déficit du commerce extérieur. «On s’est aperçu pendant la crise Covid que l’on ne produisait plus d’antibiotique», a-t-elle pris pour exemple. «Il faut réduire les dépendances, au niveau européen bien sûr, et au niveau français». Sur le plan des entreprises, il faut les aider à «s’implanter en France». «Je veux un choc de simplification», a-t-elle martelé. «On doit diviser par deux la durée des procédures administratives, comme en Allemagne». «Il faut baisser les impôts de production, je les baisserai de 10 milliards», a déclaré Valérie Pécresse. «Il faut orienter nos jeunes vers les métiers de l’industrie, je veux revaloriser l’enseignement professionnel, le confier aux régions». Elle a aussi exprimé son souhait de mettre en place un revenu jeune actif pour les étudiants en formation dans le secteur de l’industrie.

Sur la question de la souveraineté française, elle a annoncé vouloir inscrire dans la constitution un article pour permettre à la France de s’opposer soit par un référendum et soit par une loi aux jurisprudences européennes contraires à nos principes. «Je garantirai l’identité constitutionnelle», a-t-elle ajouté. En même temps, elle veut que «L’Europe affirme son indépendance par rapport aux grands empires de ce monde». «Le monde est très menaçant. La France a la chance d’avoir une vraie industrie de l’armement. Il faut que l’on maintienne cette industrie de défense», a-t-elle conclu. 

Anne Hidalgo

La maire de Paris et candidate PS a d’abord fait part de son avis sur la souveraineté alimentaire : « Nous devons changer de modèle et aller vers une agroécologie. En Europe et dans chacun de nos pays, nous voulons cette souveraineté, nous ne pouvons devenir auto-suffisants tout en poussant notre agriculture avec un modèle plus respectueux de la planète. Je considère que les aides de la PAC doivent nous servir à accompagner et installer les jeunes agriculteurs pour être là dans des exploitations. »

La socialiste a dit vouloir en finir avec les pesticides mais aussi mettre « des élevages plus respectueux du bien-être animal et une production tournée vers les Français. » Pour ce faire, elle a déclaré qu’elle voulait miser sur une « grande loi foncière, qui leur permettent [jeunes agriculteurs] d’accéder à des terres. Aujourd’hui c’est une très grande difficulté. Les aides doivent être plus rapides et les aides de la PAC font très peu de place vers une agriculture raisonnée. Il y a très peu d’accompagnement au niveau national. » Elle s’est également définie comme une « décentralisatrice. »

Pour l’embargo sur le gaz russe, comme Yannick Jadot, elle a déclaré que la France devait tendre « beaucoup plus vers le renouvelable et les énergies nouvelles », ajoutant que « si on veut que cette guerre en Ukraine s’arrête, alors il faut étouffer économiquement les capacités de l’économie russe. » Elle a dit souhaiter « bloquer le prix de l’énergie, jouer sur les taxes, et notamment sur l’essence, le carburant et l’énergie » qu’elle veut faire baisser. Anne Hidalgo a aussi mis en avant les « achats groupés de gaz » afin de sortir « très rapidement de cette dépendance. »

La candidate PS a également fustigé l’action climatique du gouvernement Macron : « Nous sommes un pays qui a permis d’avoir un accord sur le climat chez nous donc on a une responsabilité particulière et nous sommes attendus sur la scène internationale et européenne. » Elle a continué sur sa lancée contre le quinquennat passé : « Le bilan de la France sur le climat est très maigre. Il faut pouvoir se projeter et je pense que la plupart des marchés de demain, sont des marchés liés à cette transition écologique. Ce quinquennat n’a pas du tout été au rendez-vous. »

Anne Hidalgo est revenue sur ses passes d’armes successives avec Jean-Luc Mélenchon, le critiquant au passage, notamment sur son déplacement en Guadeloupe : « J’ai tenu à aller voir les personnels soignants de Pointe-à-Pitre qui travaillaient sous protection du GIGN, des gendarmes. Jean-Luc Mélenchon n’est pas allé les voir. Il faut reconnaître le travail des soignants qui sont au front. » Et dans un second tour Macron-Mélenchon ? « Je ne réponds pas à cette question, et je me bats pour que cette gauche républicaine, laïque, européenne, et qui ne soutient pas de dictatures. J’entends beaucoup d’insatisfaction de la gauche socialiste au pouvoir, mais sans elle, notre pays ne serait pas ce qu’il est. »

Fabien Roussel

Candidat pour les jours heureux, pour le Parti communiste et pour d’autres partis, Fabien Roussel a d’abord expliqué que «la question énergétique était indispensable». «Pour sortir des énergies fossiles, (il y a deux solutions) le renouvelable et le nucléaire. Nous avons besoin des deux. En même temps comme dirait l’autre. Je suis le seul à défendre la production nucléaire, par une entreprise publique de l’énergie pour le nucléaire et pour l’électricité». Il veut ainsi «agir sur la facture des français». Sur la centrale nucléaire de Fessenheim, fermée il y a deux ans, il a regretté que la turbine était déjà partie à l’étranger. «La bêtise c’était de la fermer. Il faut investir pour la construction de nouvelles centrales, dans le périmètre des centrales existantes», a-t-il ajouté, même si tous les pays sont confrontés à la question des déchets. «La solution de court terme est l’enfouissement des déchets le plus sécurisé possible. Dans le moyen et le long terme, c’est de faire confiance dans la science. Nous croyons dans la recherche, dans la science», a-t-il décrit. Sur le fond de son programme, l’espoir en des jours heureux, Fabien Roussel a expliqué que «La France des jours heureux c’est la France qui respecte ceux qui travaillent. Je veux croire en ça». 

Interrogé sur le pluralisme de la presse, le candidat communiste a expliqué qu’il fallait donner plus de moyens aux médias qui n’ont que les lecteurs comme ressources et c’est indiqué pour le maintien de «la redevance publique»

Sur sa formule «Un bon vin, une bonne viande, un bon fromage : c’est la gastronomie française», il a expliqué qu’il y avait eu beaucoup de caricature. «J’ai même été traité de raciste, il faut quand même trouver le lien entre la viande et le racisme. Il faut manger moins de viande car l’agriculture produit des gaz à effet de serre, il faut manquer moins de viande, mais de la bonne et de la française. Pour (nourrir) les 7 millions de français qui vont au Resto du coeur, il faut produire plus de viande». «On perd 100000 agricultures tous les dix ans», a-t-il conclu. 

Eric Zemmour

Éric Zemmour, quatrième à passer, a commencé par revenir sur la définition de la souveraineté, à savoir quelque chose qui ne peut être qu’unique : « La souveraineté, c’est celui qui décide ce qu’il peut faire et doit faire. C’est soit la nation française, soit la nation européenne, il faut choisir. On peut dire qu’on est allié et qu’on mène une politique commune. Il n’y a pas de peuple européen. On peut donner des compétences à la Commission, mais pas la souveraineté à l’Europe car cela veut dire qu’il n’y a plus de démocratie. » Le candidat « Reconquête ! » a ensuite embrayé sur la « fierté européenne » et, là aussi, a redéfini ce qu’est l’Europe : « L’Europe est une civilisation millénaire qui repose sur les origines gréco-romaines, les origines du Christianisme mais ce n’est pas une nation ou un peuple. Je suis très fier de faire partie de la civilisation européenne et c’est pour cela que je la défends face au grand remplacement. Il y a aujourd’hui une civilisation islamique sur notre sol mais il n’en faut qu’une. Je suis le défenseur sincère de l’Europe et de sa civilisation. » Il est également revenu sur son meeting du dimanche 27 mars au Trocadéro et a fustigé les journalistes qui ont voulu faire une polémique autour des « Macron assassin ! » scandés par certains militants. Il a refusé de commenter ce qu’il considère être un « épiphénomène ».

Est ensuite venu sur le tapis l’indépendance de la France y compris vis-à-vis de l’Union européenne. Éric Zemmour a expliqué qu’ « il y a au sein de l’Europe différentes nations qui ont des intérêts différents mais parce qu’ils ont une géographie différente. » Il a comparé les problèmes, différents et propres à chaque Etat en Europe : « Les crises ne s’annulent pas mais s’accumulent. Nous en avons une de fond sur l’identité de notre pays, mais la Hongrie ou la Pologne voient les ennuis venir de l’Est. Il est difficile d’avoir des intérêts communs. »

L’ancien journaliste a également dit ne pas croire à la défense européenne : « Notre défense doit être nationale. Il n’y a pas de sécurité ou de défense européenne. On fait grand cas de l’accord européen avec l’Ukraine, l’Allemagne qui achète des avions américains au lieu de rafales alors que nous sommes ensembles pour bâtir un avion du futur. Ils ne sont avec nous que pour nous prendre nos savoirs faires qu’ils n’ont pas. » Il a aussi taclé le président sortant à ce sujet : « Macron poursuit une chimère qui est la défense européenne. Il faut mettre les choses au clair avec les Allemands et leur demander s’ils veulent coopérer avec nous. »

Sur l’OTAN, même son de cloche : sortir du commandement intégré : « Quand on est au sein de l’OTAN, les Américains décident de tout et disent aux pays quoi faire et quoi construire, c’est une logique de créneaux. Au nom de l’intégration, ils estiment que ce sont leurs armes qui doivent se vendre […] C’est parce que la France était hors du commandement intégré qu’elle a pu avoir une souveraineté sur les armes. » Lorsqu’une étudiante en journalisme lui a posé la question de savoir s’il faisait une différence entre les réfugiés ukrainiens à accueillir et les autres sur le sol ukrainien, Éric Zemmour a affirmé qu’il « fai[t] une différence : les uns sont européens et chrétiens, les autres ne sont ni l’un ni l’autre. Tous les êtres humains sont égaux en dignité, mais ils ne sont pas de la même civilisation et donc pas capables de vivre et respecter les mêmes habitus, modes de vie et traditions. »

S’en est suivi une question sur le « cyberespace » et notamment la souveraineté de la France dans l’ère Internet sans frontières. Le candidat d’extrême-droite a commencé par critiquer l’Union européenne : « L’Europe ne s’est jamais considérée autrement que comme un marché. Depuis vingt, trente ans, les GAFAM américains se sont imposés sur le marché européen et aucun des pays n’a pu se protéger. » Il a pris à parti « ces grands groupes américains, mythifiés, [qui], sans l’armée américaine, n’aurait jamais [existé]. » Éric Zemmour s’est dit sceptique quant à une potentielle concurrence face aux GAFAM, tout en tablant sur des « secteurs d’avenir comme la cybersécurité ou l’ordinateur quantique qui peuvent les concurrencer dans ces secteurs ». Pour cela, il a expliqué vouloir un « soutien de la commande publique française », c’est-à-dire « tout ce qui est interdit par la commission européenne. » L’ancien journaliste a aussi dit qu’il proposera « de mettre au collège et au lycée une matière de programmation numérique et une dizaine d’école sur le modèle de l’école 42 [fondée par Xavier Niel] ».

Marine Le Pen

«Quand un conflit se déclenche, on ne peut pas rester à équidistance des grandes puissances», a-t-elle tout d’abord déclare. «Toute grande puissance est par définition dangereuse», a ajouté Marine Le Pen qui a pris l’exemple de la Russie, qui a pu être «un allié» pour combattre l’Islamiste et qui est aujourd’hui «un ennemi» quand elle attaque l’Ukraine. Elle s’est dite favorable pour une Europe «alliance des Nations», critiquant «la dérive technocratique» de l’Union européenne. Elle a ensuite critiqué le choix de l’Allemagne d’acheter des F-35 américains qui peut porter l’arme nucléaire américaine. «Bien sûr, il faut des partenariats sur le plan militaire, mais faut-il encore avoir les mêmes besoins», a-t-elle expliqué. 

Interrogée sur la question de la souveraineté européenne, Marine Le Pen a déclaré vouloir remonter toute la filière alimentaire. «Il faut un revenu digne», a-t-elle donné comme première mesure, car selon elle, les agriculteurs disent à leurs enfants : «surtout ne deviens pas agriculteurs, on n’en vit pas». Elle a fustigé la politique Farm to Fork de l’Union européenne, qui, selon elle, organise la pénurie de la production alimentaire. La candidate du Rassemblement national est ensuite revenue sur la sécurité sanitaire, voulant arrêter la concurrence déloyale entre les agriculteurs français et ceux de pays ne respectant pas les normes françaises. 

«Il faudra aussi réfléchir aux accords de libre échange. L’agriculture n’est pas un bien comme un autre, sans elle, on meurt». Plus tard dans la discussion, elle s’est déclarée favorable aux grandes exploitations, pour ne pas dépendre de l’importation. «Une volaille sur trois est importée», a-t-elle martelé.«S’il y a bien des gens qui sont attachés à l’écosystème, c’est bien les agriculteurs», a ajouté Marine Le Pen. «L’ONU dit qu’il faudra 40% de plus de productions alimentaires, pour la première fois, en 2023, nous pourrions avoir une balance agricole déficitaire, c’est catastrophique». 

Asticotée sur le fait qu’elle se déclarait candidate du pouvoir d’achat alors qu’elle fait partie selon lui des 1% des Français les plus riches, Marine Le Pen a déclaré qu’elle savait très bien qu’elle était «une privilégiée» mais qu’elle était ni de droite ni de gauche. «Je m’intéresse plutôt à ceux qui sont en difficulté». «Des millions de Français n’ont pas vu le ruissellement», a-t-elle asséné, expliquant d’ailleurs vouloir baisser à 5,5% la TVA sur les produits énergétiques. 

En conclusion, à une question sur l’adhésion de nouveaux pays de l’Union européenne dont l’Ukraine, Marine Le Pen s’est déclarée opposée à celle-ci, en raison de trop grandes différences sociales. 

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