«ce quinquennat sera écologique ou ne sera pas!»

Le président-candidat a fait son grand meeting d’entre-deux tours à Marseille en terres Mélenchonistes. Face à un maigre parterre de militants, il a mis un point d’orgue à défendre l’environnement et l’écologie dans cette dernière ligne droite de la campagne

C’est sur une pelouse très clairsemée qu’Emmanuel Macron a déclamé sa profession de foi devant militants et élus. D’anciens cadres LR ont fait le déplacement : Christian Estrosi , maire de Nice, Renaud Muselier, président de la Région PACA. Celui qui a fait 22% de voix dans la cité phocéenne serre quelques mains puis se place derrière le pupitre. On entend des voix par-ci par-là crier individuellement : « Et un et deux, et cinq ans de plus ». Une impression de kermesse de fin de campagne avec seulement 4,000 personnes présentes selon les organisateurs.

Emmanuel Macron, en bras de chemise, sur sa scène hexagonale bleue blanc rouge, aux milieux de ses pupitres et prompteurs, commence : « Marseille est la fraternité au cœur de la République, un laboratoire. » Il embraye rapidement sur la « France du lendemain dans une Europe unie face à la pandémie, comme elle a su l’être pour la guerre en Ukraine » créant, de fait, une fracture idéologique avec le Rassemblement National. Il explique ensuite que son projet est un « projet qui croit dans l’humain » puis fait un clin d’œil aux sportifs et au monde du spectacle qui ont signé une tribune pour faire barrage à Marine Le Pen : « La culture. Vous êtes tant à vous battre contre les idées de l’extrême. Contre l’extrême-droite […] Par le beau. Le sport, qui permet à chacun de construire, qui a connu le toit de l’Europe, un jour de mai 1993. Merci Dimitri [Payet]. » Des « Macron président ! » se font entendre.

La suite après cette publicité

Sondage de la présidentielle : l’analyse de la campagne de l’entre-deux tours par l’Ifop

La suite après cette publicité

Après avoir digressé sur les questions de santé – « un projet pour la santé, qui veut rebâtir cette égalité des chances sur le terrain » -, des quartiers – « Il faut casser les murs qui isolent, ouvrir les écoles, la culture qui permet de vivre. C’est cela notre destin. Car nous sommes pays d’ouverture, de millénaire de migrations, de mouvements, de migrations » – Emmanuel Macron tance l’extrême-droite, de Le Pen à Zemmour : « Cette fierté française c’est cela, pas le grand rabougrissement, la grande séparation, pas dire a des enfants nés sur notre sol, notre République qu’il n’y ont plus de droits, jamais. » 

« Nous ne sommes pas le camp du système. Jamais ! », a-t-il scandé

Le président sortant ajoute que « ce qui se joue le 24 avril ne doit pas être une reconduction, mais une réinvention, une nouvelle conviction » puis éructe : « Nous ne sommes pas le camp du système. Jamais ! » Puis vient le thème principal du meeting, celui qui lui permet de mettre à l’écart – voire à distance, les sondages le diront peut-être -, Marine Le Pen : l’écologie.

La suite après cette publicité

La suite après cette publicité

« Nous avons entendu deux messages : D’abord que l’environnement doit être au cœur de notre campagne et des années à venir, ensuite celui des plus grands scientifiques du monde entier avec le rapport du GIEC. Nous avons trois ans pour tenir les engagements des accords de Paris pour léguer une planète vivable. » Alors que les sondages montrent une sociologie jeune dans les rangs Mélenchonistes et Lepénistes comparé à LREM, Emmanuel Macron s’adresse directement à ses nouvelles cibles potentielles : « C’est à nous d’agir et de faire. Ce message écologique du premier tour, que notre jeunesse prône, porte de marches en marches et de mobilisations en mobilisations, nous devons lui donner une perspective nouvelle. » 

Le président-candidat part ensuite sur les réussites du quinquennat (pistes cyclables, réouvertures chemins de fer de nuit, doublement des surfaces d’agriculture biologique, premier pays d’Europe en termes de surface biologique), et s’en remet, contrairement à Marine Le Pen, au rapport du GIEC : « Le GIEC nous demande d’aller deux fois plus vite, donc vous savez quoi ? On va le faire ! » Il explique également vouloir « lutter contre l’éco-anxiété » et affiche un slogan ambitieux :« Le quinquennat sera écologique ou ne sera pas ! » 

Pour ce qui est de l’organisation gouvernementale, Emmanuel Macron affirme que son « Premier ministre sera directement chargé de la planification écologique » – gros plan sur Julien Denormandie , actuel ministre de l’Agriculture et très fidèle soutien de la première heure. Le candidat poursuit : « Le Premier ministre sera appuyé par deux ministres forts et aura pour mission de faire de la France la première grande nation à sortir du gaz, du pétrole et du charbon. » Si les noms de Christine Lagarde – qu’elle a tout de suite écarté – ou d’Elisabeth Borne ont été soufflés en coulisses, il semblerait que le ministre de l’Agriculture soit en bonne position pour s’installer à Matignon. Prudence, Emmanuel Macron nous a habitué aux surprises. Son choix sera évidemment important car le successeur de Jean Castex aura la lourde charge de mener la bataille des législatives à la tête d’un large rassemblement aux contours encore bien flous.

Related Posts

Comments

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Histoires récentes