Comment Baronarques redonne vie aux grands vins rouges de Limoux

Lorsque l’on parle de Limoux, chacun pense invariablement à des vins blancs, qu’ils soient tranquilles ou effervescents. Pourtant, l’appellation produit aussi de superbes rouges. Il suffit de prendre le chemin de terre qui serpente entre les vignes jusqu’à la belle maison 19ème siècle du domaine de Baronarques pour s’en convaincre. C’est dans ce paysage, entre culture policée et nature expressive, que l’on trouve le cœur de la propriété, acquise par la baronne Philippine de Rothschild et ses deux fils, Philippe Sereys de Rothschild et Julien de Beaumarchais de Rothschild, en 1998. Un écrin de verdure de 110 hectares de bois et de garrigues, mais surtout de 43 hectares de vignes. Les origines du domaine remontent au 17ème siècle, mais c’est bien sous l’influence de la famille Rothschild qu’il a pris toute sa dimension. Ici, trois influences climatiques se rencontrent et se combinent avec une diversité de sols pour produire des vins rouges soyeux et élégants, d’une grande complexité.

Promouvoir l’art de vivre à la française 

Dès le rachat de la propriété, les équipes techniques de Baron Philippe de Rothschild restructurent entièrement le vignoble. Un partenariat avec les Vignerons du Sieur d’Arques s’est imposé pour pouvoir continuer à produire des vins. La marque Baron’Arques était née et, en 2003, l’appellation Limoux rouge voit le jour. Une naissance qui marque le renouveau du domaine et permet d’œuvrer à la reconnaissance d’un nouveau grand cru du Languedoc-Roussillon. Très influencé par les équipes bordelaises, le vignoble est replanté en majorité de cépages atlantiques – merlot principalement, ainsi que de cabernet franc et sauvignon –, mais aussi de cépages plus méditerranéens. Quant au chardonnay, c’est le seul cépage blanc planté depuis 2009 et qui, travaillé comme un grand Bourgogne, permet d’élaborer une des cuvées phare de Baronarques. Dès 2015, l’apostrophe disparaît, en même temps que cesse la collaboration avec Sieur d’Arques. Le domaine vole depuis de ses propres ailes et produit l’ensemble des raisins utilisés pour les différentes cuvées.

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En 2017, Augustin Deschamps arrive sur le domaine à Saint-Polycarpe. Objectif de cet ingénieur formé à Supagro Montpellier et œnologue : faire rayonner les vins de Baronarques et promouvoir l’art de vivre à la française en accueillant le public. C’est ainsi que trois circuits de visites ont été mis en place, de la version «classique», une découverte de la propriété en 4 × 4 avec dégustation trois vins, à celle qui permet de se poser « au sommet», avec une vue ébouriffante depuis le promontoire La Planète sur le paysage de vignes et de bois tout en savourant belles bouteilles et planches de produits locaux. En parallèle, Augustin Deschamps entend faire connaître les vins de Baronarques aux amateurs français. Si les cuvées sont commercialisées par la place de Bordeaux et que le marché local – de Carcassonne à Limoux – est servi en direct, 95 % des bouteilles partent à l’export, essentiellement en Asie. Un déficit d’image sur le marché hexagonal qu’il compte bien gommer. D’autant que les vins sont à la hauteur de ses ambitions, avec tout le soyeux et la structure qu’on attend de grands rouges de garde.

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