débat entre deux droites irréconciliables

La candidate LR Valérie Pécresse a débattu, mercredi 23 mars, face à Marion Maréchal dans « Face à Baba » sur C8. Au programme : « Quelle droite pour quelle France ». Retour sur une querelle historique et qui risque de continuer encore longtemps.

Marion Maréchal , première à parler, tente d’abord d’apaiser les tensions avant même qu’elles ne commencent à poindre : « Je ne suis pas dans une logique de combat de boxe. » Mais le calme ne dure qu’un temps. La première question à être posée par le soutien d’Éric Zemmour va mettre le feu aux poudres : « Appellerez-vous à voter pour Emmanuel Macron au second tour ? » Valérie Pécresse répond que la question « ne se pose pas » et ajoute : « Ça n’existe pas, ce n’est pas psychologiquement possible quand on se présente à une élection présidentielle […] On m’a posé cette question y compris aux régionales. Je n’y ai jamais répondu. » Marion Maréchal la reprend de volée et continue sur sa lancée : « Vous qui dites que le bilan de Macron est dramatique : pourquoi ne pas dire que c’est normal de ne pas voter pour lui ? Si vous le combattez, vous pourriez le dire…»

La candidate LR, détendue, lève un sourcil, sourit en coin et explique qu’il « y a une vraie fracture entre Emmanuel Macron et moi », d’abord sur « la vision de la France [qu’il] voit [comme] une nation communautarisée [avec] plusieurs identités, pas moi. » Elle continue, cette fois sur Vladimir Poutine : « Je le dis, j’ai un problème avec Marion Maréchal et son mentor Éric Zemmour surtout sur leur proximité avec Vladimir Poutine. » La tension se fait ressentir. Valérie Pécresse poursuit : « Vous avez dit que vous aimeriez déjeuner avec lui. Je le connais politiquement et je sais qu’il ne respecte que le rapport de force et il ne veut pas d’une France debout. Quand on est ami avec Poutine on est décrédibilisé pour gouverner la France. »

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La nièce de Marine Le Pen rétorque que « son mentor Chirac » a remis la légion d’honneur au dictateur russe. Valérie Pécresse rebondit et rajoute : « Comme la France avec Staline alors que c’était un dictateur. Admettez-vous que c’est un dictateur ? » Marion Maréchal souffle puis répond que « c’est un régime autoritaire » et finit par dire, lassée : « si vous voulez c’est un dictateur. »

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Un brouhaha de petites phrases

S’en suit un moment de tension après que la candidate LR qualifie « Reconquête ! » de parti d’ « extrême-droite », tension qui deviendra de plus en plus palpable jusqu’à la fin du débat. La protégée d’Éric Zemmour déclare alors, au sujet de la « droite de parlement » représentée par son adversaire du soir : « C’est une droite que j’ai du mal à identifier avec des marqueurs forts [et] qui divergent. Elle reprend la terminologie de la gauche pour me taxer d’extrême-droite, ce qui, par ailleurs, vous permettra d’appeler à voter Macron au second tour. L’extrême-droite c’est des régimes totalitaires et notre méthode de gouvernement ou notre idéologie n’a rien à voir avec cela. C’est insultant. La droite parlementaire, en utilisant ce discours a contribué à jeter l’opprobre sur les idées patriotes et nationales. »

Valérie Pécresse part ensuite sur les propos du programme d’Eric Zemmour sur l’Islam et lui pose la question suivante : « Islam et islamisme, c’est la même chose ? » La directrice de l’ISSEP lui répond que « celle qui confond les deux, c’est vous. C’est vous qui allez dans les écoles coraniques avec des fillettes voilées, donc c’est vous qui faites cette confusion et faites une certaine compromission à cet égard. » La présidente de Région fait alors un compte rendu sur toutes les mesures qu’elle a prises – demander la fermeture de la mosquée de Pantin suite à l’assassinat de Samuel Paty, faire interdire la burqa dans l’espace public avec Jean-François Copé – et ajoute : « Je comprends que Mme Maréchal veut que la droite et l’extrême-droite fusionnent. Je dis non, il y a un cordon sanitaire, on n’a pas la même nature. »

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Piquée au vif, Marion Maréchal revient sur les propos d’Éric Ciotti et François-Xavier Bellamy (député européen LR), lesquels ont dit voter Éric Zemmour au second tour s’il était face à Emmanuel Macron. Mal à l’aise, la candidate LR botte en touche et reste concentrée sur le candidat « Reconquête ! » : « Éric Zemmour veut la fusion. Il est complice de l’extrême-droite car il va voter Marine Le Pen. (…) Vous êtes complice de l’extrême-droite. » Marion Maréchal critique son point de vue : « En disant cela, vous insultez des millions d’électeurs et si la droite est disqualifiée, c’est que vous reprenez le jargon de l’extrême-gauche […] Vous leur dites qu’ils sont idiots. »

Le débat part ensuite sur les questions migratoires : Pécresse pour des « quotas d’immigration » et des mesures fermes sur les allocations ; Maréchal campe sur ses positions d’ « immigration zéro ». Les deux adversaires, dans le brouhaha de petites phrases, se quittent dans une incompréhension totale. La grande union de la droite n’est, décidément, toujours pas pour demain.

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