du bleu, beaucoup de bleu

AGENDA – À partir du mercredi 16 mars, la 46e édition de ce rendez-vous incontournable de la voiture ancienne nous rappelle que l’histoire de l’automobile française s’écrit en lettres d’or.

Enfin! Après deux ans d’absence en raison de la crise sanitaire, le Salon Rétromobile renoue les fils de son histoire. Être dans un autre hall ne change rien (pavillons 7/2-7/3): les amateurs et les dévots de la voiture ancienne et de prestige vont pouvoir communier à la passion vibrante de ce qui reste l’une des plus belles inventions du XXe siècle. Une aventure qui puise ses racines en France. La preuve que notre pays sait être à la pointe. Pendant les cinq jours de l’exposition, le bleu France va briller dans toutes les allées. À commencer par celui d’Amilcar, un jeune centenaire réputé pour ses productions de voiturettes et qui tire son nom de l’anagramme de deux de ses fondateurs – les financiers Joseph Lamy et Émile Akar -, associés au pilote André Morel et à l’ingénieur Edmond Moyet.

Amédée Gordini. Renault

En 1927 et 1928, ses machines 6 cylindres s’adjugent de nombreux records internationaux. À cette époque, le jeune Amedeo (Amédée) Gordini vient à peine de poser ses valises à Paris. Passionné de boxe, l’Émilien veut suivre les exploits du champion Georges Carpentier. Après avoir débuté comme apprenti mécanicien dans un garage de Suresnes, il se met à son compte. L’homme qui a de l’or dans les mains devient agent Fiat et prépare des voitures de course. En 1934, il remporte le Bol d’or au volant de la voiture d’un client. Une victoire qui lui vaut le soutien financier d’Henri Théodore Pigozzi, le fondateur de Simca. Ce contrat débouche sur une moisson de succès – victoire de classe au Mans et 22 records du monde à Montlhéry – mais aussi sur une dépendance aux petites mécaniques à l’effigie de l’hirondelle. Surnommé le Sorcier par le journaliste Charles Faroux, Gordiniconnaît son âge d’or après la guerre.

L’équipe Gordini au grand prix d’Aix-les-Bains en mai 1950. Collection privée

Le 9 septembre 1945, dans le bois de Boulogne, il remporte la Coupe Robert Benoist, la première course de l’après-guerre. Sa mini monoplace marque le début de la carrière de sa marque en Grand Prix. En dépit de difficultés financières permanentes, l’artisan du boulevard Victor réussit à faire des miracles, raconte l’expert et historien Christian Huet dans Gordini, Un sorcier, une équipe. Jean Behra gagne le Grand Prix de France à Reims en 1952 au volant d’une F2 6 cylindres ; Jacky Pollet domine le Tour de France automobile en 1954 avec la barquette 2,5 litres.

Fangio débute même au Mans sur une berlinette Type 18S que la maison Artcurial vend aux enchères le vendredi. La dernière partie de la carrière de l’Italien s’écrit dans l’orbe de Renault avec des moteurs de course et des modèles à son nom.

La Renault 5 fête ses 50 ans. Renault

Malgré le badge Alpine, la mécanique de la première version sportive de la R5 doit beaucoup à Gordini. Soufflant ses 50 bougies à Rétromobile, la citadine de l’ex-Régie fut le précurseur français d’une génération prolifique. Lancée sous le slogan «supercar», la R5 compte parmi les plus grandes réussites de notre histoire. La version Turbo la transforme en bête de rallye. D’Alpine, autre constructeur français, autre nom chargé d’histoire, il en est largement question à Rétromobile avec le Musée de la Gendarmerie nationale qui expose, c’est une première, une partie de ses collections.

Renault

Paris Expo, Pavillons 7/2 – 7/3, du 16 au 20 mars, Porte de Versailles, Paris 15e. De 10 h à 19 h, nocturne jusqu’à 22 h les 16 et 18. Entrée: 20 € (web), 24 € (en caisse). Gratuit pour les moins de 12 ans (Retromobile.fr).

Lamborghini countach LP 500: la «dream-car» ressuscitée

Eros Maggi

Star du Salon de Genève 1971, le prototype de la Countach dessiné par Marcello Gandini, le directeur du style de la carrosserie Bertone, avait marqué les esprits avec ses lignes anguleuses et futuristes. Sacrifiée en 1974 pour les besoins du crash-test d’homologation du modèle, la LP 500 vient de renaître à la demande d’un collectionneur. À partir d’une feuille blanche et en s’appuyant sur les moyens numériques modernes, le département restauration Polo Storico du constructeur de Sant’Agata vient de redonner vie à l’une des pièces parmi les plus importantes de son histoire.

Jean Bertin, un visionnaire de la mobilité

Bertin

L’Aérotrain ou le TGV? La balance a failli pencher en faveur du premier. C’est ce que nous dévoile l’exposition consacrée à Jean Bertin. Au début des années 1960, ce polytechnicien s’appuie sur les travaux de son ingénieur Louis Duthion portant sur le phénomène de l’effet de sol pour développer l’Aérotrain, un train sur coussin d’air. Soutenu par Pompidou, ce moyen de transport, qui atteint 345 km/h lors de tests, est finalement abandonné. Jamais à court d’idées, Bertin développe aussi Tridim, une cabine automatique à propulsion électrique qui effectue des démonstrations à Rétromobile.

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