Emmanuel Macron explique pourquoi il a «si peu osé rendre public» ses écrits

Le président de la République revient dans la revue « La Règle du jeu » sur sa vocation contrariée d’écrivain, en expliquant qu’il a « peu osé » se faire lire.

Dans la revue « La Règle du jeu », à paraître le 2 février, Emmanuel Macron revient sur sa vocation contrariée d’écrivain, en expliquant qu’il a « peu osé » se faire lire. Dans le numéro 75 de la revue fondée par Bernard-Henri Lévy , il répond, parmi 400 personnalités, à des questions comme « Comment lisez-vous? » et évoque entre autres les mauvais livres qu’il aurait lus.

« S’il n’y a pas de nécessité, mieux vaut le silence »

« Un mauvais livre est sans doute un livre qui n’était pas nécessaire », estime-t-il. « Et donc, quel que soit l’auteur, quand j’ai ce sentiment, j’arrête de lire et j’abandonne l’ouvrage. C’est sans doute aussi pour cette raison que j’ai si peu osé rendre public ce que je pouvais écrire. S’il n’y a pas de nécessité, mieux vaut le silence », conclut-il.

Emmanuel Macron est l’auteur d’un seul ouvrage, son livre programmatique pour la présidentielle de 2017, « Révolution » (XO éditions, 2016). Mais il a fréquemment évoqué son amour de la littérature, transmis par sa grand-mère enseignante Germaine Noguès , et alimenté par celle qui allait devenir son épouse, Brigitte Trogneux, professeur de français dans son lycée d’Amiens. Celle-ci dit avoir souvent pensé qu’il finirait écrivain. Une biographie de Brigitte Macron en 2018 révélait qu’il avait rédigé à 16 ans un roman qui s’est perdu. Une voisine dactylographe qui l’avait dactylographié le qualifiait d' »osé ». Emmanuel Macron avait aussi confirmé en 2015, à l’émission « Envoyé spécial », avoir signé à 17 ans, comme l’affirmait un ancien condisciple, un roman picaresque situé dans l’Amérique précolombienne, qu’il a gardé pour lui. Fin 2018, au sommet du G20 de Buenos Aires, il avait confié devant des écrivains: « J’écris tous les jours ».

Dans ce numéro de La Règle du jeu, le chef de l’Etat redit sa passion pour les romans de Gustave Flaubert, en particulier « Madame Bovary ». « Son exigence. Sa langue absolue », détaille-t-il. Il cite également Stendhal (« Stendhal a changé ma vie »), « Les Nourritures terrestres » d’André Gide, (« le livre de mon adolescence ») et René Char (« le poète qui m’a appris le plus sur l’indicible »).

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