Face à l’usure du pouvoir, le coup d’éclat permanent de Recep Tayyip Erdogan

ENQUÊTE – Le président islamo-conservateur, jadis tout-puissant, voit son autorité minée par la crise économique, la résurgence de l’opposition et la maladie. Mais celui qui a juré d’imprimer sa marque reste maître dans l’art de prendre ses adversaires à contre-pied.

En foulant le hall d’entrée du tout nouvel opéra d’Istanbul, ce 29 octobre 2021, le président Erdogan ne pouvait rêver meilleure séance photo pour faire oublier ses déboires des semaines passées, sur fond de récession économique et de fiasco diplomatique évité de justesse. L’édifice ultramoderne, inauguré le jour de l’anniversaire de la République turque, occupe une place très particulière dans le cœur du «néo-sultan»: érigé sur les ruines de l’ancien centre culturel Atatürk, qui fut aux premières loges des manifestations de Gezi de 2013, il fait face à l’énorme mosquée, ouverte il y a six mois, de l’autre côté de la place Taksim. Quelle meilleure façon pour l’ex-maire islamo-conservateur d’Istanbul d’imprimer sa marque sur une ville et un pays qu’il façonne à son image depuis vingt ans?

Le sourire de façade ne suffit pourtant pas à masquer la fatigue, évidente, qui se dessine sous ses yeux. Ses interlocuteurs le disent affaibli, souvent absent, et même sujet à des pertes de mémoire. Parfois,

Cet article est réservé aux abonnés. Il vous reste 91% à découvrir.

La liberté n’a pas de frontière, comme votre curiosité.

Continuez à lire votre article pour 1€ le premier mois

Déjà abonné ?
Connectez-vous

Related Posts

Comments

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Histoires récentes