Gingivite, parodontite : prévention et soin

Un tiers des dents perdues ou extraites chez le dentiste sont dues aux gingivites et parodontites. Valérie Travert explique comment les éviter.

Paris Match. Que désignent précisément ces deux termes ?
Dr Valérie Travert. Il faut rappeler que les gencives forment un col autour de l’émail, couche extérieure visible couvrant la couronne des dents. Entre les deux existe un espace très fin: le sillon gingival (sulcus), petite poche que les bactéries colonisent volontiers pour proliférer et parfois générer une gingivite, autrement dit une inflammation des gencives. Celles-ci deviennent rouges, gonflées (œdème), objet de saignements au brossage ainsi que de douleurs spontanées ou à la pression. De là les bactéries peuvent descendre plus en profondeur le long des racines dentaires dans ce qu’on nomme le parodonte, zone où les dents sont attachées aux mâchoires. Elles peuvent alors détruire le ligament alvéolodentaire, qui amarre les racines à l’os, et l’os maxillaire lui-même auquel ces racines sont attachées. C’est la parodontite ! Elle rend les dents mobiles avec pour conséquences une gêne à la mastication, des douleurs, un risque de déchaussement. Ces deux pathologies sont pourtant évitables.

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Une hygiène dentaire régulière et une bonne technique de brossage permettent d’éviter ces pathologies

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Quelles en sont les causes ?
Une mauvaise hygiène dentaire avant tout ! De nombreux facteurs favorisants existent aussi (excès de sucre, diabète, tabagisme chronique, abus d’alcool, certains traitements hormonaux, certaines chimiothérapies, une malposition des dents, une prothèse mal adaptée, des infections locales, un déficit en vitamines D, C et/ou en calcium, la ménopause, etc.). Le mécanisme destructeur est la plaque dentaire. Elle résulte de l’adhérence sur la surface des dents de bactéries formant un biofilm (chaque personne a le sien propre) qui est un véritable écosystème. Plus il est important, plus le nombre de bactéries croît et plus elles interagissent entre elles et acquièrent des propriétés destructrices. Sans un bon entretien de la bouche, les sels minéraux présents dans la salive tendent à calcifier la plaque : c’est le tartre, de consistance dure. Il s’infiltre autour des dents, entre celles-ci et sous les gencives. En son sein les bactéries sont à l’abri et prolifèrent.

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Comment traiter ces affections ?
Le traitement de base est le détartrage, pratiqué par le dentiste (en règle générale sans anesthésie), de façon mécanique (curette) ou plus souvent par ultrasons. Il inclut les surfaces situées entre dent et gencive et l’espace interdentaire; il faut y associer parfois, sous anesthésie locale, un surfaçage similaire des zones plus profondes. Le but est que la gencive s’attache à nouveau à la dent. En cas de parodontite avancée (quand la poche mesure plus de 5 millimètres), plu- sieurs techniques menées sous anesthésie locale sont possibles. 1. Le lambeau d’assainissement. Il consiste à décoller la gencive pour accéder aux racines dentaires et les nettoyer. 2. La greffe de biomatériaux granuleux. Elle permet de combler une perte osseuse. On la recouvre par des membranes plus ou moins rigides en collagène biodégradable qui la renforcent et la protègent. Au besoin, une greffe de gencive vient compléter le tout. 3. Une technique récente, très prometteuse, utilise, quand le décollement dentaire est étroit, des protéines dérivées de l’émail qui, déposées sous forme de gel sur la surface dentaire, permettent d’induire une nouvelle attache sur la racine. L’ensemble de ces méthodes donne des résultats le plus souvent bons et durables.

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