Grégoire Ahongbonon, au chevet de ceux qui ont perdu la raison

PORTRAIT – Sillonnant l’Afrique de l’Ouest, ce Béninois lutte pour redonner leur dignité aux personnes souffrant d’un trouble mental, marginalisées dans les sociétés traditionnelles

«Je n’ai rien d’un psychiatre. Je suis un simple vendeur de pneus.» En ce 24 août 2021, Grégoire Ahongbonon se trouve parmi ses «fous» lorsqu’il apprend qu’il est lauréat du prix de Genève pour les droits de l’homme en psychiatrie. Est-ce le 6e, 7e titre international? Il l’ignore – et n’en a cure. Tee-shirt ample et sandales rougies par la latérite des routes africaines, le sexagénaire sourit. La joie qui se lit sur son visage brûlé par le soleil est celle de savoir que, par ce prix, le monde connaîtra un peu mieux le sort des «malades mentaux» d’Afrique.

Si l’on pouvait lire dans ses yeux plissés, on y percevrait chacun des 2000 malades recueillis dans ses centres fondés au Bénin, en Côte d’Ivoire, au Burkina et au Togo. Si l’on cherchait encore, on pourrait voir, encore brûlante, l’image de ce jeune homme rencontré la veille des Rameaux de l’année 1994. Une villageoise était venue trouver Grégoire: «Mon frère a besoin d’aide.» Il l’a suivie jusque dans son village. Dans la pénombre d’une

Cet article est réservé aux abonnés. Il vous reste 82% à découvrir.

La liberté n’a pas de frontière, comme votre curiosité.

Continuez à lire votre article pour 1€ le premier mois

Déjà abonné ?
Connectez-vous

Related Posts

Comments

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Histoires récentes