Iran: entre peur et renoncement

REPORTAGE – À Téhéran, l’étau se resserre sur la population, asphyxiée par les sanctions économiques autant que par le recul des libertés individuelles.

De nos envoyés spéciaux Manon Quérouil-Bruneel (texte) et Pascal Maitre/Myop (photos)

On pénètre en Iran par ses morts. ­Depuis l’aéroport, la route file en direction du Paradis de Zahra, le plus grand ­cimetière de Téhéran. Des chants ­patriotiques baignent les allées écrasées de chaleur du carré dédié aux martyrs. Emmitouflée de noir, une frêle silhouette déambule dans le ­dédale des tombes. Elle s’arrête pour épousseter une stèle, murmurer une prière devant une autre. Tous les ­vendredis, le même rituel jusqu’à épuisement. Fatimeh Qolani est une pasionaria des chahids, ces héros tombés au combat pour la défense de la République islamique.

Dans ce royaume des morts qu’elle arpente inlassablement, aucun caveau n’a de secret pour elle. Ici, un commandant tué lors de la guerre sanglante contre l’Irak. Là, un jeune soldat fauché en Syrie aux côtés des troupes de Bachar el-Assad. Fatimeh consacre sa vie à leur rendre hommage, dépositaire zélée d’une histoire de sang et de larmes qu’elle répand

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