la France renforce la crédibilité de sa dissuasion

Paris a procédé à un «tir de qualification» du missile stratégique Air-sol moyenne portée amélioré (ASMPA) rénové, dépourvu de sa charge militaire.

La France tient sa posture. Un mois après le début de la guerre en Ukraine, et alors que la Russie cherche les moyens de sortir de son impasse opérationnelle, les signes de tension donnent une dimension nucléaire à la crise. «Nous avons une doctrine de sécurité intérieure, cela est public, vous pouvez y lire toutes les raisons pour l’utilisation des armes nucléaires. Et s’il s’agit d’une menace existentielle pour notre pays, alors elles peuvent être utilisées en accord avec notre doctrine», a déclaré mardi 22 mars le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov. Ce n’est pas la première fois que la Russie agite cette menace. En face, les puissances occidentales en disent le moins possible, pour ne pas nourrir l’escalade, mais elles se préparent.

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Mercredi, la France a procédé à un «tir de qualification» du missile stratégique Air-sol moyenne portée amélioré (ASMPA) rénové, dépourvu de sa charge militaire. L’ASMPA équipera les avions des forces aériennes stratégiques, celles qui assurent la dissuasion aérienne de la France. «Ce programme d’armement répond à la volonté du président de la république qui s’est engagé pour ces forces à prendre les décisions nécessaires au maintien de leur crédibilité opérationnelle dans la durée, au niveau de stricte suffisance requis par l’environnement international», explique le ministère des Armées. Dans le contexte actuel, cet essai supervisé par la Direction générale à l’armement, n’a rien d’anodin. Les États-Unis, à l’inverse, avaient reporté début mars un essai de tirs de missiles balistiques intercontinentaux baptisé Minuteman III. La dimension de leur dissuasion n’est pas la même, et l’exercice aurait pu contribuer à alimenter la tension.

Les Occidentaux ne se préparent pas moins pour autant. Pour la première fois, la marine française aurait déployé trois sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE) à la mer, selon le journal Air et Cosmos. L’information n’a été ni démentie ni confirmée par l’état-major. En matière de dissuasion, aucune communication n’est autorisée, pour éviter toute erreur d’appréciation. Si les FAS sont la partie visible de la dissuasion, et permettent un « dialogue stratégique » en adressant des messages, les SNLE constituent la partie invisible de la force française. Indétectables sous la mer, ils assurent à la France la possibilité de riposter à toute attaque nucléaire.

En renforçant sa posture, la France montre qu’elle est prête à toute éventualité. Mais elle veille à maîtriser l’escalade. Il reste encore de nombreux «barreaux sur l’échelle du perroquet» avant d’en arriver au seuil de confrontation. La Russie connaît et décrypte les messages. Elle aussi, au-delà des déclarations qui visent à faire peur, est censée maîtriser ce langage.

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