L’art du whisky de cépage

Les belles-familles ont parfois du bon. Celle d’Aymeric Roborel de Climens lui a enseigné l’amour du whisky et lui en a fait connaître toutes les subtilités. De quoi le convaincre de se lancer dans une nouvelle vie professionnelle et entrepreneuriale. Longtemps conseil œnologique puis directeur général de grandes propriétés surtout dans le Bordelais, il décide il y a trois ans de lancer sa propre marque de whisky français pour lier ses deux univers de prédilection, le vin et les spiritueux, en devenant éleveur et affineur. Une rencontre avec Yannick Hepp, de la distillerie alsacienne éponyme, sera le déclencheur et, depuis, c’est lui qui fournit tous les jus. «Je voulais proposer des whiskys à dominante fruitée, avec un toucher en bouche très soyeux, avec un double finish : un en fût neuf et l’autre dans des fûts ayant contenu un seul cépage», explique-t-il. Pour y parvenir, il se rapproche de vignerons réputés auxquels il achète des barriques soigneusement choisies. Commence alors le long travail d’élevage pendant lequel le whisky va prendre du caractère, de la gourmandise et de la précision.

» A LIRE AUSSI : On a goûté le plus vieux Single Malt du monde

«Mon goût et mon palais, habitués au vin, font la différence pour amener les jus vers l’intensité du fruit», dit-il. Soucieux de transparence, le quadragénaire privilégie les fûts ayant contenu des vins bio voire en biodynamie pour limiter les risques liés aux sulfites, surtout avec les rouges. Sa gamme propose aujourd’hui six références, dont ses trois produits phares : un finish de six à douze mois en fût de sauvignon et de sémillon, et un de dix-huit mois en fût de merlot. Chaque cépage apportant ses spécificités : le fruit pour le premier et les notes séductrices du second, le charme du cépage rouge. Le domaine dont sont issues ces barriques est mentionné sur l’étiquette, ainsi que l’origine du malt, le nom du brasseur et celui du distillateur. Les fûts de sauvignon proviennent du clos Floridène en Graves, ceux de merlot du château Guadet à Saint-Émilion, le sémillon vient du château Doisy-Daëne à Sauternes, le rolle du Château Sainte-Marguerite en côtes-de-provence. Pour faire vivre sa gamme et l’enrichir au fil des rencontres avec les vignerons, Aymeric Roborel de Climens propose aussi des éditions éphémères – et limitées à 650 bouteilles – comme ce whisky au finish en fût de cabernet franc du domaine Charles Joguet à Chinon et même un tourbé en fût de sauternes, toujours du château Doisy-Daëne. Dans les chais d’affinage, situés en Alsace pour l’instant même si un projet à Bordeaux est en cours, de prochaines éditions éphémères patientent, dont un finish en fût de grenache de Banyuls, du domaine Coum del Mas, entre autres. Plein d’idées en tête, Aymeric Roborel de Climens n’entend pas se limiter aux frontières hexagonales et envisage de dénicher des barriques venues de vignobles d’autres pays.

Lien vers le site internet : roboreldeclimens.com

La rédaction vous conseille :
» Que servir avec un whisky ? Nos dix meilleurs accords mets-whiskys français
» Glenfiddich 12 ans Triple Oak se met à table
» La minute spiritueuse, un rendez-vous à 40 degrés

Related Posts

Comments

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Histoires récentes