le dispositif saturé au sein du CHU-UCL Namur (Namur)

«Sans le vaccin, nous aurions actuellement dix fois plus de patients en soins intensifs», insiste Benoît Rondelet.

ÉdA – Florent Marot

Les hôpitaux du CHU-UCL Namur atteignent la saturation des lits Covid. Et le personnel infirmier est toujours en pénurie.

Le directeur médical du CHU UCL Namur Benoît Rondelet a fait le point ce mardi sur la situation Covid au sein de l’institution. Par rapport à la semaine dernière, on observe une légère baisse des hospitalisations dues au coronavirus: – 14%. Pas de quoi parler de tendance nette, cependant.

Sur les trois implantations du CHU, 62 lits Covid sont occupés, dont 20 en soins intensifs (2 à Dinant, 6 à Sainte-Élisabeth et 12 à Godinne). Trois de ces patients requièrent les soins hautement spécialisés ECMO (une oxygénation extracorporelle du sang). Qui se retrouve en soins intensifs? « Il s’agit en grande majorité de personnes non-vaccinées, détaille Benoît Rondelet. Suivent les personnes vaccinées mais immunodéprimées ou présentant des facteurs de risque comme de l’obésité, un diabète ou une hypertension non stabilisés. »

« Sur les trois sites, le dispositif de la phase 1B est à saturation », indique le directeur médical. Cela implique le report d’une centaine d’interventions, le personnel des blocs opératoires étant redirigé vers les unités de soins intensifs (USI). « Cela pose un double problème éthique, poursuit Benoît Rondelet. D’une part les soins en USI ne sont pas optimaux, car ils sont prodigués par du personnel non spécialisé. D’autre part nous devons différer des soins nécessaires et parfois urgents qu’attendent des personnes vaccinées, au bénéfice de personnes non-vaccinées se trouvant en USI Covid. On est là pour soigner tout le monde, mais cela pose un souci éthique. »

Recherche: infirmiers

Le mouvement de grève national du monde infirmier a été suivi sur les trois sites namurois du CHU, ce mardi matin. Avec des impacts sur certaines unités de soins, dont l’hôpital de jour de Sainte-Élisabeth, qui a fermé. « Un mal pour un bien, commente Olivier Gendebien, le directeur du département infirmier. Il est important de se faire entendre. Le ministre Vandenbroucke met 1 millard€ pour créer 4500 postes d’infirmiers, mais les candidats ne sont pas là, on ne les trouve pas, même en intérim. Nous avons besoin de réponses structurelles, dont la reconnaissance de la pénibilité et la revalorisation salariale, pour attirer les jeunes. »

Le site de Sainte-Élisabeth compte actuellement 10% d’infirmiers en moins que le cadre. La situation va se compliquer en janvier, avec l’obligation vaccinale pour le personnel soignant. « On ignore la proportion de personnel non-vacciné, mais nous passerons peut-être de 10 à 15% d’infirmiers manquants. »

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