Le Drian décrit «un monde extrêmement peu tranquille»

Le ministre des Affaires étrangères, qui était l’invité du Grand Jury RTL – LCI – Le Figaro ce dimanche, se montre pessimiste sur le monde de l’après Covid. « Il y a un accroissement des rivalités et de la brutalité », estime-t-il.

La Russie, « voisin » qualifié « d’encombrant et parfois insupportable » semble être au centre des préoccupations françaises. « Il faut pourtant trouver un moyen de s’entendre avec lui (…) et garder des chemins de dialogues », a expliqué dimanche lors du Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro, le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves le Drian, tout en s’inquiétant que le président russe, soit « dans une forme de dérive autoritaire préoccupante ». Les signes se verraient dans « l’accumulation de forces russes de frontières de l’Ukraine » dont la violation de la souveraineté aurait de « graves conséquences » et dans les tensions migratoires à la frontière polonaise.

« Il ne s’agit pas d’une crise migratoire mais d’une opération géopolitique conduite par un dictateur », affirme Jean-Yves Le Drian visant le président Biélorusse, Alexandre Loukachenko. « Il a cherché à diviser l’Europe mais il a échoué », assure le ministre, se disant « solidaire avec la Pologne » qui doit « assumer la sécurité des frontières extérieures de l’Europe ». La volonté de Varsovie de construire un mur à cette frontière ne semble toutefois pas « pour l’instant la réponse appropriée », selon la France. « La Russie doit avoir les moyens d’agir ».

Les mercenaires de Wagner sont «des prédateurs»

Au Sahel, où la France a déployé quelque 5000 hommes, Jean-Yves le Drian se soucie également des menées de Moscou, alors que des informations font état d’un possible débarquement de mercenaires du groupe russe Wagner. « Il n’est pas possible que Wagner vienne au Mali », a dit le ministre, qualifiant les paramilitaires de « prédateurs » mais se refusant à préciser la réaction française en cas déploiement.

Les frictions avec les Britanniques, notamment dans le dossier de la pêche, sont « une affaire qui n’est pas terminée ». « On va se battre licence après licence », en dépit du « pointillisme exaspérant » de Londres. « C’est un problème entre l’Union européenne et le Royaume-Uni pas entre la France et le Royaume-Uni », veut-il croire. Et de mettre en cause le premier ministre Boris Johnson, « un populiste qui multiplie les manœuvres, essentiellement avec la France » pour des raisons de politiques intérieures. « Mais nous sommes prêts à la discussion ».

Le populisme semble être un sujet de tracas pour le ministre même si, souligne-t-il, «en Europe bien des pays tiennent comme l’Allemagne, l’Italie ou l’Espagne ». « La France n’est pas l’abri », avertit Jean-Yves Le Drian, qui fustige « Monsieur Zemmour », « un semeur de haine (…) et un matamore du déclinisme ».

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