Le Moutai, le spiritueux qui enflamme les fortunes chinoises

Encore méconnu dans nos contrées, mais sans doute plus pour longtemps, le Kweichow Moutai (prononcer Mao-Taï) est incontestablement le roi de la famille des baijiu (prononcer baï-djo), l’alcool blanc national chinois. Depuis plus de 300 ans, cette eau-de-vie de céréales (sorgho, blé, riz, maïs) est produite à Maotai, une ville de la région du Guizhou, dans une distillerie qui emploie, excusez du peu, 30 000 personnes ! 

Avec ses neuf passages de vapeur, ses huit fermentations et ses sept distillations successives (un process qui dure une année entière), sa fabrication est aussi délicate que celle d’un produit de luxe. Le Moutai en est un de tout premier ordre en Chine. La preuve avec des prix stratosphériques qui oscillent entre 300€ pour l’entrée de gamme à plusieurs milliers d’euros pour des millésimés (ils indiquent la date de mise en bouteille). Et ne parlons pas des flacons de collection qui dépassent le million aux enchères !  

» A LIRE AUSSI : La Vague, le saké en ressac des Larmes du levant

En Chine, cette eau-de-vie représente aujourd’hui le symbole de la réussite économique, à l’instar d’un sac Vuitton ou d’un tailleur Chanel. C’est un signe, la capitalisation boursière de Kweichow Moutai (400 milliards de $) dépasse désormais celle de LVMH et de Pernod-Ricard ou de Diageo pour rester dans le secteur des spiritueux. Qu’en penserait Mao qui avait intronisé cette eau-de-vie, alcool officiel, et outil diplomatique, de la République Populaire de Chine dès sa fondation en 1949 ? 

Selon Alexandre Vingtier, expert en spiritueux, «cette eau-de-vie est certes une réussite économique exemplaire mais il ne faut pas oublier sa puissance aromatique incomparable. Et à l’heure où l’environnement est au centre des préoccupations, sa fabrication toujours 100 % artisanale en fait le plus ancien alcool bio au monde. Enfin, et ce n’est pas le moindre de ses atouts, le Moutai accompagne parfaitement les cuisines chinoises riches en épices. D’ailleurs, comme le vin, cet alcool évolue après sa mise en bouteilles, deux à trois ans sont nécessaires pour qu’il délivre toute son intensité».

Paradoxe, le Moutai est moins cher en France qu’en Chine mais il faut tout de même compter 200€ les 37, 5 cl pour le classique Flying Fairy 53°. Pour les amateurs, curieux de découvrir ce spiritueux hors normes, dans tous les sens du terme, une gamme plus abordable, la Moutai Chun, vient d’arriver (entre 30 et 45€). Mais attention, «nous constatons des ruptures de stock partout, les réassorts ne sont pas assurés », prévient Hervé Tan de la société Cammy, distributeur de la marque en France. « La rareté fait le prix des choses», écrivait Pétrone, l’auteur du Satyricon. 2 000 ans plus tard, voilà qui est plus vrai que jamais.    

Boutique Moutai : 51, rue des Mathurins, 75008 Paris.
Tél. : 01. 77. 12. 73. 33 
www. chinamoutai.fr

La rédaction vous conseille :
» Maryam Masure, portrait d’une ambassadrice du saké
» 20 mots pour comprendre le saké
» L’art de brasser le saké

Related Posts

Comments

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Histoires récentes