Le Palace Merano à l’origine de la détox

Ce palace italien a été le premier à proposer des cures « healthy » avec la méthode Henri Chenot. Sa réputation a attiré les sportifs les plus célèbres et les plus grandes stars de la planète. Depuis la mort du nutritionniste, Merano s’est réinventé. Toujours aussi efficace. On a testé.

C’est au premier repas que l’on comprend sa « douleur ». Le cadre est somptueux (et les convives haut de gamme, tel un ancien ministre des Finances assis en famille à la table d’à côté…), la présentation inventive, la nourriture variée (boulettes de seitan sur légumes au wok ou potiron au four et poire marinée), mais les portions sont petites. C’est normal. On n’est pas venu à Merano pour faire bombance. On a choisi de suivre un programme « détox revital et sport ». Cela comprend bien évidemment un régime diététique duquel viande, sucre et sel sont bannis. Avec une journée de jeûne au milieu pour corser le tout.

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Mais le secret de cette clinique est ailleurs. Dans la minutie avec laquelle on commence par effectuer votre check-up. Analyses sanguines poussées, scanner corporel et examen général permettent d’emblée de discerner vos points de faiblesse et, donc, de préparer un programme sur mesure. « C’est ce que nous avons mis en place depuis trois ans, grâce aux dernières technologies. Désormais, toutes les parties du programme sont spécifiquement adaptées à votre besoin du moment », détaille « Dr Max », le directeur médical de Merano, aussi sympathique que pro.

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De fait, sitôt le bilan établi, on vous remet ce qu’on appelle ici « la Bible ». Un livret qui va devenir votre compagnon des bons comme des mauvais moments. Votre programme de soins y est inscrit, heure par heure : hydro-fangothérapie à 8 heures, densitométrie à 9 heures, traitement énergétique à 10 heures, « flebo-perfusion » à 11 heures, massage à 12 heures… L’après-midi est consacré à l’exercice, en salle ou en extérieur. Le tout est entrecoupé des repas qui deviennent votre boussole, votre Graal car, si on mange peu et sain, à mesure que les jours passent on a de plus en plus faim ! Bien sûr, on maigrit, comment en serait-il autrement, mais sans bien pouvoir se l’expliquer, on « sent » son corps se vider de ses toxines. Certes, on est fatigué mais, plus la fin de la cure approche, et plus on ressent une vitalité nouvelle. Le dernier jour ressemble aux ultimes lacets d’un col pour un grimpeur. On s’imagine, raisonnablement bien sûr, tourner les pages d’un menu de restaurant et on en salive déjà… Ce qui est certain, c’est qu’on quitte cet endroit fin comme une lame et revigoré comme rarement.

«70% DE NOS CLIENTS REVIENNENT CHAQUE ANNÉE»
Maximilian Newiger, directeur du Palace Merano

Maximilian Newiger Francine Kreiss / Paris Match

Paris Match. D’où vient le succès de Merano?
Maximilian Newiger. C’est une combinaison. D’abord la destination, Merano est une petite ville du sud du Tyrol, agréable et isolée, au cœur de la nature. Ensuite, la qualité de notre établissement hôtelier catalogué “palace”. Et, enfin, les traitements de très haut niveau que notre équipe médicale propose depuis vingt-cinq ans. Nous avons été les premiers, et beaucoup copiés. Mais si nous avons 70% de clients réguliers, qui reviennent chaque année, ce n’est sans doute pas par hasard…

C’est aussi le bouche-à-oreille. Le défilé de sportifs et de stars qui a fait votre réputation?
Sans doute. Je ne peux vous révéler les noms [NDLR, faisons-le pour lui: de Zidane à Madonna en passant par Maradona, Depardieu, Berlusconi, Bellucci, Chirac et une liste de footballeurs longue comme les jambes d’Adriana Karembeu) mais, que ce soient les sportifs, les gens du milieu de la mode, les politiques ou les acteurs, tous doivent rester au top. La performance est une exigence qu’ils doivent maintenir. Et c’est dur. Ici, nous leur proposons une remise en forme annuelle qui marche. Et ils le savent.

Les soins ont longtemps porté la marque “Méthode Chenot”, pourtant votre collaboration s’est interrompue en 2020, pourquoi?
Il y a eu un conflit avec notre propriétaire. Qui a probablement à voir avec le fait qu’Henri Chenot et sa femme avaient construit leur propre établissement en Suisse. Il y avait à l’évidence un conflit d’intérêts. C’était triste, car il était une personnalité unanimement appréciée, au sein de la ville même. Chenot est mort quelques mois après, du Covid je crois. Mais les méthodes qu’il a développées et transmises à un staff qui nous est resté fidèle nous ont permis de poursuivre. Et même d’enrichir la qualité de nos traitements.

«ON NE REMPLACERA JAMAIS UN OSTÉOPATHE PAR UNE MACHINE»
Massimiliano Mayrhofer, directeur médical de la clinique Merano

Massimiliano Mayrhofer Francine Kreiss / Paris Match

Paris Match. Pourquoi vous appelle-t-on “DrMax”, ça fait un peu gourou, non?
Massimiliano Mayrhofer. Oui, c’est vrai. Je ne sais pas. En partie parce que mon nom est interminable! Et aussi, parce que “Dr Max” sonne plus sympathique auprès des patients à qui je dois annoncer que, pendant une semaine, ils vont parfois en baver!

Justement, en quoi consiste la philosophie générale de votre traitement?
C’est un mélange entre les bienfaits de la médecine traditionnelle chinoise et les avancées de la médecine occidentale. Avec cette dernière, nous pouvons cartographier le corps grâce à des techniques d’électrostimulation et des scanners dernier cri qui nous permettent d’établir l’âge vasculaire d’un patient, sa densité osseuse, son niveau de graisse sous-cutanée et viscérale, son niveau de stress émotionnel… Et la médecine énergétique d’inspiration chinoise nous aide à mieux comprendre les relations entre les fonctions organiques. On répare alors les troubles en rééquilibrant les flux d’énergie avec des traitements ciblés, qui vont de l’acupuncture par radiofréquence à l’hydrothérapie, en passant par la phytofangothérapie et bien d’autres méthodes.

Ce qui frappe dans vos installations, c’est le niveau de pointe des équipements proposés. À terme, vos riches clients ne viendront plus ici mais s’achèteront vos machines, non?
On ne pourra jamais remplacer un ostéopathe par une machine. Cela dit, nous suivons de très près les innovations technologiques, afin de combiner au mieux le savoir-faire humain et les équipements high-tech. Mais nous ne serons jamais un établissement qui mise tout sur les machines. Un appareil de pointe aujourd’hui sera dépassé dans trois ans. Et, si demain la mode est aux massages saupoudrés d’épluchures de citron, nous n’adopterons pas cette “religion” du moment. Cela ne nous ressemblerait pas.

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