Le riesling des chasseurs de lune, étoile montante du vignoble alsacien

A la fin de la Seconde Guerre mondiale, Bennwihr, en Alsace, est rasé à 90 %. Ses habitants repartent de zéro. De larges boulevards vont se substituer aux ruelles disparues. Pour survivre dans le chaos, les vignerons du village, indépendants depuis des générations, sont contraints de se regrouper en coopératives. Grâce à la mise en commun des dommages de guerre versés par l’État français, ils construisent une cave, entre avril et juillet 1946, en à peine quatre-vingt-dix jours.

Au fil des décennies, suite à plusieurs fusions, notamment avec la cave d’Obernai en 2011, Bestheim devient un acteur majeur de l’Alsace viticole. Ses raisins proviennent de milliers de parcelles, entre Barr, au nord, et Wuenheim, au sud. Parmi ces terres, on retrouve les quatre terroirs de grands crus : Schlossberg, Mambourg, Kaefferkopf et Zinnkoepflé. Aujourd’hui, la moitié de la production est dédiée aux crémants blancs et rosés, des jus habitués aux bonnes notes lors des concours de dégustation à l’aveugle. Le reste de la production concerne les vins tranquilles. Le riesling des chasseurs de lune – les «mondfangers» en alsacien –, le surnom de ces villageois que l’on dit rêveurs et réalistes, est un vin caractéristique de ce cépage, idéal pour accompagner des crustacés. Le riesling Rayon de Lune 2018 se révèle plus évolué, avec une maturité supérieure et toujours ses notes citronnées.

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Riesling vendanges tardives

Un nouveau cuvier au goût du jour est sorti de terre, à la dimension de la coopérative et de ses 380 adhérents qui cultivent 1 500 hectares, soit 10 % du vignoble alsacien, pour environ 12 millions de bouteilles annuelles. Une part importante des vins alimente les rayons de la grande distribution, à des tarifs bas. La coopérative joue aussi la carte des «pépites», des vins issus de terroirs bien identifiés et plantés en riesling ou en gewurztraminer, auquel restent fidèles les amateurs de vins d’Alsace. Le riesling Vendanges tardives, produit en moyenne une fois par décennie, en petit volume (1 000 bouteilles par an), se montre intéressant, caractérisé par la surmaturité mais aussi la minéralité du riesling.
On apprécie aussi les pinots noirs, déclinés en deux gammes, l’Exception (15 €) et l’Impatient (17 €), plus puissants que les vins habituels de cette famille, au point que les deux semblent issus des côtes-du-rhône.
La coopérative affiche une belle prospérité (50 millions de chiffre d’affaires) et les marchés, en France comme dans le nord de l’Europe, sont demandeurs. Ne reste plus qu’à affiner encore et encore la qualité de ses pépites. C’est la direction qui semble être prise. 

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