L’étonnante visite de trois premiers ministres européens à Kiev

Les chefs de gouvernement polonais, tchèque et slovène se sont rendus mardi dans la capitale ukrainienne pour rencontrer Volodymyr Zelensky.

La visite se veut tout à la fois symbolique et parfaitement concrète. Les premiers ministres polonais, tchèque et slovène sont arrivés mardi à Kiev, où ils ont rencontré le président Volodymyr Zelensky.

Pour Mateusz Morawiecki, Petr Fiala et Janez Jansa, il s’agit de «réaffirmer le soutien sans équivoque de l’ensemble de l’Union européenne à la souveraineté et à l’indépendance de l’Ukraine et de présenter un vaste ensemble de mesures de soutien à l’État et à la société ukrainiens», ont souligné les autorités polonaises, qui ont demandé mardi soir une «mission de paix» de l’Otan, «protégée par les forces armées». Le premier ministre ukrainien Denys Chmygal a salué «le courage des vrais amis de l’Ukraine», indiquant qu‘ils aborderont «le renforcement des sanctions contre l’agression russe».

Cette rencontre, gardée secrète, a été gérée par la Pologne, et jusque encore dans la nuit de lundi à mardi, avec la présidente de la Commission Ursula von der Leyen et le président du Conseil européen Charles Michel. Mais ces derniers ne semblent avoir été «qu’informés» mais pas à l’origine de l’initiative. On ignore si d’autres dirigeants devaient, à l’origine se joindre à la démarche. C’est une «décision individuelle» de chacun et ils n’étaient «pas tous prêts à y participer», a simplement expliqué Mateusz Morawiecki. «C’est une initiative solitaire qui comporte des risques. Il y a un processus très délicat de négociation entre les Russes et les Ukrainiens. Les Russes peuvent utiliser n’importe quoi comme prétexte. Quand on prend une telle initiative, il faut être certain que cela va apporter quelque chose», souligne une source à Bruxelles.

Un quatrième round de négociation entre des négociateurs russes et Ukrainiens, «mis en pause technique» lundi soir, a repris, virtuellement, mardi. Dans la nuit, Volodymyr Zelensky a affirmé que les Russes ont «commencé à comprendre qu’ils n’arriveront à rien par la guerre». «On m’a dit que les pourparlers en cours étaient plutôt bons», a ajouté le président ukrainien.

Les trois premiers ministres européens ont traversé la frontière, mardi, peu avant 8 h 30, en train. Le trajet vers Kiev prenant généralement environ dix heures, ils sont arrivés dans la capitale en fin d’après-midi.

L’élu semble redouter un bombardement plus intense de la ville. Les renseignements occidentaux estiment que les forces russes se préparent depuis plusieurs jours à une nouvelle offensive

Ils ont découvert une capitale où les combats se sont intensifiés ces derniers jours, une ville en grande partie encerclée. Deux immeubles, assez proches du centre, ont été touchés mardi à l’aube, tuant deux personnes. Le maire de Kiev, Vitali Klitschko, a imposé un couvre-feu de 35 heures à partir de mardi soir dans la capitale qui vit, selon lui, un «moment dangereux et difficile». L’élu semble redouter un bombardement plus intense de la ville. Les renseignements occidentaux estiment que les forces russes se préparent depuis plusieurs jours à une nouvelle offensive.

Alexandre Loukachenko visé par des sanctions

Moscou continue, par ailleurs, d’élargir son rayon d’attaques. La grande ville de Dnipro, stratégique pour sa situation centrale sur le fleuve du même nom et jusqu’alors épargnée, a vu mardi son aéroport bombardé. Il y a des «destructions massives», selon le maire. Dans l’Est, d’intenses combats ont été signalés à Kharkiv ainsi qu’à Izium. Dans le Sud, les soldats russes tentent toujours de se rendre maîtres de Marioupol, sur la mer d’Azov, assiégée depuis des jours. La population, plusieurs dizaines de milliers de personnes piégées qui manquent de tout, est lentement évacuée. Quelque 2000 véhicules ont pu quitter le port mardi via un couloir humanitaire. Plus à l’ouest, les bombes pleuvent aussi sur Mykolaïv, dernier verrou sur la route d’Odessa, sur la mer Noire. Selon un expert américain, une flotte de navires russes, comportant des bâtiments amphibies de débarquement, faisait route hier vers cette ville.

Pour tenter de freiner l’agression russe, de nouveaux trains de sanctions ont été pris mardi à l’encontre des dirigeants. Londres a ordonné le gel des avoirs et l’interdiction de voyage contre neuf oligarques et trois hommes politiques dont le ministre de la Défense, Sergueï Choïgou, et l’ancien président Dmitri Medvedev. Washington a annoncé que des sanctions visaient désormais le président biélorusse Alexandre Loukachenko et son épouse. Joe Biden se rendra le 24 mars à Bruxelles pour un sommet extraordinaire de l’Otan.

À Moscou, l’employée d’une télévision russe, Marina Ovsiannikova, qui s’est illustrée lundi soir en brandissant un message antiguerre lors du journal d’une télévision pro-Kremlin, a été condamnée à une amende par un tribunal.

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