Liban: le crépuscule d’une nation

REPORTAGE – Le pays du cèdre traverse depuis deux ans une crise économique sans précédent. Aucun espoir d’amélioration ne pointe à l’horizon et pourtant chacun tente de garder son rang, au prix d’immenses sacrifices et avec les moyens du bord.

Hier, à Tripoli, la mer était déchaînée. En passant par la corniche au volant de son taxi cabossé, Ahmed n’a pas réussi à pêcher les petits poissons qu’il rapporte parfois pour le dîner. Rentré chez lui, il a retiré ses baskets et s’est contenté de tremper du pain dans du thé sucré. Il a partagé ainsi, avec sa femme et ses six enfants, leur unique repas de la journée. Au Liban, en 18 mois, le coût des aliments a bondi de 700%, selon l’Observatoire des crises de l’université américaine de Beyrouth : la règle « s’adapter ou mourir » s’est imposée.

Au pays de la débrouille, les enfants sont rois : face aux pénuries qui entravent leur vie quotidienne, ils s’organisent. Dans tout le pays, on les voit siphonner l’essence en aspirant dans un vieux tuyau les réservoirs des ­voitures. Ils s’installent ensuite, ­quelques mètres plus loin, sur le trottoir, en attendant que des automobilistes pressés leur achètent des bouteilles de 2 litres au prix de 4. Le souk de Tripoli est désert, la cohue

Cet article est réservé aux abonnés. Il vous reste 93% à découvrir.

La liberté n’a pas de frontière, comme votre curiosité.

Continuez à lire votre article pour 1€ le premier mois

Déjà abonné ?
Connectez-vous

Related Posts

Comments

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Histoires récentes