Maud Fontenoy, la vigie du Grand Bleu

Les pieds sur terre et le cœur à la mer. Embarquée sur le voilier familial à 7 ans, elle a grandi sur l’eau, en a appris les secrets et la beauté avant de l’affronter seule lors de traversées à la rame ou à la voile. Femme de conviction et d’exploits, Maud Fontenoy se bat pour que la préservation et l’exploitation des océans bénéficient enfin d’un programme ambitieux. Le sommet international présidé par Emmanuel Macron du 9 au 11 février à Brest, et auquel elle a œuvré, pourrait être le premier acte d’une grande politique de la mer.

Pour entrer dans la lumière, il lui aura fallu 117 jours en mer. À la seule force de ses bras. Devenant, à 25 ans, la première femme à traverser l’Atlantique Nord à la rame. C’est l’implacable loi des premiers records : ils sont inscrits pour toujours. Maud Fontenoy est devenue un nom que désormais le grand public connaît. Le récit de ses 17 chavirages, une même nuit, force le respect. Et on s’attache à cette grande fille au look «girl next door», souvent souriante et plus volubile que les marins, d’ordinaire taiseux. Mais faire la tournée des médias ne lui suffit pas. Trois ans plus tard, elle embarque pour une traversée de l’hémisphère Sud à la voile, mais à contre-courant. Maud Fontenoy devient une icône de la mer, comme Florence Arthaud, mais son image se brouille lorsqu’elle apporte sa caution «écologique» à Nicolas Sarkozy. Les océans ne sont d’aucun parti et Maud Fontenoy affronte alors des tempêtes qui lui font presque regretter les 40es rugissants.

Fidèle à l’ancien président, qui a beaucoup fait pour l’un de ses enfants, gravement malade, elle tient bon. Et donne, puisqu’il le faut, des gages sur son engagement authentique pour la préservation des mers: «J’ai passé plus de temps sur l’eau que sur la terre ferme. J’avais à peine 7 ans quand mes parents nous ont embarqués, mon frère et moi, sur leur bateau. Nous avons habité quinze ans sur un voilier. Nous possédions peu de choses, pas de télévision, et nous menions une existence simple, en communion avec la nature, vivant essentiellement de la pêche de mon père et des fruits et légumes de saison.» Face aux critiques elle ne se dégonfle pas, publie même, en 2013, un «Ras-le-bol des écolos », dans lequel elle prône une écologie «pragmatique ». Elle y vante aussi les mérites du gaz de schiste, « atout écologique» lorsqu’il est exploité avec des techniques non polluantes, ce qui lui vaut l’ire de «sa» communauté.

«J’ai passé plus de temps sur l’eau que sur la terre ferme»

À nouveau, Maud Fontenoy fait face, ne reniant ni ses amis ni ses convictions. Son nom tangue, des journaux d’opinion aux gazettes people, notamment quand elle révèle qu’elle va être mère pour la troisième fois d’un enfant né de sa relation avec le philosophe Raphaël Enthoven, ex de Carla Bruni-Sarkozy. Elle demeure 8e vice-présidente du conseil régional de la région PACA jusqu’en 2021, mais finit par jurer qu’on ne l’y reprendra plus : «Quand on s’implique en politique, même de loin, on déclenche la foudre. On vous fait dire n’importe quoi. Face à l’importance des enjeux, les guerres politiciennes m’ont écœurée.» Pas au point de lui faire renoncer à tomber amoureuse d’Olivier Chartier, conseiller régional de la Nouvelle-Aquitaine et père de son quatrième enfant. Ils se marient à Gassin, en 2018.

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Malgré ces remous, Maud Fontenoy a toujours gardé le cap. À travers sa fondation, elle promeut une meilleure éducation afin de sensibiliser et de responsabiliser la nouvelle génération aux questions d’environnement. En 2019, Jean-Michel Blanquer la nomme ambassadrice des classes de mer auprès du ministère de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports. Elle œuvre aussi en coulisse pour convaincre Emmanuel Macron d’organiser un sommet des océans. L’idée: renforcer le droit international maritime et mieux protéger la biodiversité de cette haute mer qui représente 60% des mers et océans. Maud Fontenoy aime argumenter et convaincre. Surfant sur son amour sincère et profond, «presque charnel », dit-elle, pour la mer. À sa manière, elle est une politique dans l’âme.

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