menaces sur les petites lignes ferroviaires (Namur)

Le député gerpinnois Julien Matagne a interpellé le ministre de la Mobilité Philippe Henry sur le devenir des lignes de chemin de fer desservant Maubeuge et Mariembourg.

À la mi-septembre, le député wallon Julien Matagne questionnait Philippe Henry, ministre du Climat, de l’Énergie et de la Mobilité, quant à la disparition de cinq lignes ferroviaires dont trois situées sur le territoire wallon.

Au-delà de ces disparitions, une série de liaisons devraient également être supprimées.

 

 

Même si le ministre fédéral de la Mobilité avait assuré qu’aucune ligne ne serait fermée durant cette législature, il s’avère tout de même que d’importants changements vont s’opérer. En cause, les réductions de moyens décidés lors de la précédente législature qui n’ont pas été compensés. Le ministre reconnaît également que l’actuel gouvernement fédéral poursuit la réduction des moyens d’Infrabel, d’où un réseau dans un état critique.

Julien Matagne a donc questionné le ministre wallon Philippe Henry sur sa connaissance du dossier et ses interpellations au niveau fédéral. Le député wallon souhaite ainsi savoir si des alternatives sont prévues pour maintenir une offre de transport public.

Parmi les inquiétudes du député, il est question de la possible disparition des lignes Charleroi-Mariembourg et Charleroi-Maubeuge. La suppression de la première ligne (hypothétique à court terme au regard des investissements réalisés ces derniers mois) constituerait un isolement; la seconde conduirait quant à elle un détour pour rejoindre Paris et la France.

Sans ligne directe, les navetteurs n’auraient d’autre choix que de se rendre à Bruxelles afin de monter dans un nouveau train à destination de la France. Ce nouveau périple serait non seulement une perte de temps mais aussi une régression de la métropole wallonne Charleroi quant à son importance sur le réseau ferroviaire.

 

 

Namur-Paris en direct: pas de moyens, pas de perspective

 

À propos des menaces récurrentes de fermeture de certaines lignes ferroviaires, dont celle reliant Charleroi à Couvin, « elles ne constituent pas une menace imminente, mais restent dans un scénario plausible à l’horizon 2025 si des dotations suffisantes ne sont pas assurées pour les années à venir. En collaboration avec mon homologue fédéral (Georges Gilkinet, Écolo, NDLR), je suis particulièrement attentif au suivi de ces dossiers. Un sous-investissement, et une potentielle fermeture de lignes constituent un très mauvais signal aux voyageurs et aux entreprises. »

Concernant les trains reliant Namur, Charleroi et Mons à Maubeuge, « l’étude de potentiel réalisée au sein de la SNCB ne nous a pas été communiquée. La SNCB souligne qu’elle s’inscrivait dans un contexte très différent de celui que nous connaissons aujourd’hui, principalement en raison des conséquences de la crise sanitaire. On peut présupposer que les résultats de cette étude ne sont plus valables actuellement. Mais il semble apparaître, sur base des informations recueillies par mon administration, que les chiffres de fréquentation sont très faibles. En outre, le projet de faire évoluer cette offre en des trains directs vers Paris a été abandonné. Cela aurait nécessité un partenariat avec la SNCF, qui n’a pas pu être trouvé. En effet, la SNCB ne dispose pas de matériel de traction permettant d’assurer de telles liaisons – pas plus que la SNCF ne dispose d’ailleurs de matériel compatible – et n’a pas de licence pour circuler sur le réseau français. De plus, il aurait fallu obtenir un sillon direct jusqu’à la gare de Paris Nord, ce qui est impossible étant donné la saturation de cette gare. « 

En termes de promotion, bien que ces trains n’apparaissent pas de manière privilégiée sur le « route planner »,  » un bandeau d’information spécifique apparaît lors de toute recherche d’itinéraire entre Namur, Charleroi, Mons et Paris », précise le ministre.

Et Philippe Henry de conclure:  » Que ce soit en raison de la crise sanitaire ou en raison de l’inadéquation de cette offre à la demande potentielle, la question se pose donc toujours de l’opportunité de maintenir d’importantes ressources sur ce projet qui ne rencontre manifestement pas les attentes des voyageurs wallons. Comme nous l’avons déjà évoqué ici, des alternatives plus attractives devraient être recherchées pour recréer une véritable offre internationale au départ de nos principaux pôles. »

 

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