Peugeot 103, le cyclo de la liberté

ACTUALITÉ – Star des podiums, ce cyclomoteur, qui a changé le quotidien de centaines de milliers de citadins et ruraux de tout âge, souffle ses 50 bougies.

Le Peugeot 103: c’est un phénomène que les moins de 40 ans n’ont pas pu connaître. C’est pour beaucoup une tranche de vie. L’évoquer, c’est revivre la nostalgie d’une époque bénie et insouciante. Un vent de liberté souffle sur la société. La mode est aux pantalons pattes d’eph ; le mobilier branché est en plastique de couleur acidulée. Les Beatles viennent de se séparer ; les jeunes dansent sur d’autres sons. Le 103 débarque sur la planète Terre dans ce contexte post-68. Il ringardise la «bleue» de Mobylette et le Solex, faisant entrer la mobilité individuelle dans une nouvelle dimension.

Démarrer à la poussette

Peugeot

L’essayer, c’est l’adopter. Le démarrage de son monocylindre deux temps de 49 cm3 impose un cérémonial qui ferait certainement sourire nos enfants et petits-enfants à l’ère de la 5G et de la commande vocale. Sur la béquille centrale, il faut se mettre debout sur les pédales, ouvrir en grand la poignée de gaz avec la main droite, un doigt sur la gâchette du starter à gauche, un autre sur celle du décompresseur à droite que l’on relâche aux premiers instants de sa respiration. À moins de démarrer à la poussette. À l’époque, on se pose moins de questions. Il vibre de partout, mais que c’est bon d’avoir les cheveux au vent (le port du casque ne devient obligatoire qu’en 1976 hors agglomération). Une légère descente et on «tape» les 50 km/h.

La mobylette Peugeot 103 SP. Peugeot

Petits et grands: tout le monde rêve du cyclo phare de Peugeot. À partir de 1977, avec son allure sportive, le 103 SP renforce le pouvoir de séduction du modèle. Ses frères, les 101, 102 et 104, en prennent ombrage, mais le 103 apparaît beaucoup plus moderne et plus robuste. Accessible dès 14 ans, il couronne bien souvent le brevet des collèges après plusieurs mois de tractations avec des parents réticents. À la campagne, le 103 a souvent des sacoches. Celles du facteur ou de pépé. En 1972, un 103 vaut 1 050 francs ; une Renault 47 900 francs. Le déclin s’amorce dans les années 1980, condamné par les normes de dépollution et démodé par les scooters. Mais le 103 reste pour beaucoup le compagnon de l’apprentissage de la liberté.

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