Que boire avec… un pot-au-feu ?

Qu’est-ce que le pot-au-feu ?

De toutes les recettes de la gastronomie française, celle du pot-au-feu est peut-être la plus traditionnelle, probablement la moins dispendieuse, et assurément la plus hivernale. Surtout, elle incarne ce génie culinaire que nos grands-mères savaient trouver pour transformer en délices inoubliables des bas morceaux dont personne ne voulait (gîte, macreuse, plat-de-côtes), et des légumes d’hiver aux saveurs engourdies (navets, poireaux, céleris, voire quelques carottes délicates). Avec un oignon, quelques herbes, trois gousses d’ail, quatre clous de girofles et quelques os emplis de moelle, elles vous concoctaient un bouillon d’anthologie, qui non seulement transfigurait en quelques heures de mijotage l’insipide équipage, mais de surcroît, se dégustant en entrée, faisait du pot-au-feu un repas complet. La logique eût voulu que ce «plat de pauvres» soit le premier à disparaître. Il revient au contraire en force dans nos assiettes. Un pot-au-feu, c’est un peu comme un feu de bois dans une cheminée.

Quels vins rouges avec un pot-au-feu ?

À mets rustiques vins puissants et tanniques, rouges évidemment, bâtis sur des cépages solides. Mais on les choisira plutôt jeunes, parce que le fruité ainsi préservé apportera une fraîcheur bienvenue aux noces de la bouteille et de l’assiette. Comme le conseille avec raison le sommelier Enrico Bernardo, un Cahors comme le Château du Cèdre 2005 s’y prêtera agréablement. Construit comme tous ceux de son appellation par le malbec, mais grandi sur des sols calcaires qui lui ont donné une exceptionnelle vivacité, il se distingue par la richesse de son bouquet (réglisse, myrtille, cassis), sa densité chaleureuse et son intensité en bouche. Plus délicat et plus nuancé pour une recette plus raffinée : le Crozes-Hermitage cuvée «Mise en bouche» 2005 du Domaine Emmanuel Darnaud, issu cette fois de la syrah. Un nez très intense, épicé, évoquant tout à la fois le poivre noir, l’olive et la mûre. En bouche, c’est l’équilibre qui domine, avec une jolie vivacité gourmande encadrée par des tannins puissants que le plat parviendra vite à arrondir.

Mais même le moins tonitruant cépage gamay, dans l’expression d’un cru du Beaujolais comme le Morgon, aura assez de tenue pour habiller le plat. Le Côte du Py de Dominique Piron, sur un millésime d’une dizaine d’années s’ouvrira avec le charme délicieusement juteux du gamay, et toute la puissance et fermeté du cru pour un mariage de cœur avec ce plat mijoté.

Et pour aborder un pot-au-feu bien charpenté qui aurait par exemple mijoté avec un os à moelle, l’appellation Terrasses du Larzac offre des rouges sensationnels, solaires mais élevés par une fraicheur exemplaire. A l’image du long chemin, Terrasses du Larzac, vinifié par Aurélie Vic : un vin qui se livre d’emblée, en toute franchise. Sa profondeur de fruits noirs laisse passer quelques effluves de thym citronné et ses tannins côtelés s’insèrent dans une finale persistante. Une cuvée aboutie, qui trouvera facilement son chemin aux côtés de ce pot-au-feu.

LA SELECTION DU FIGARO VIN

Château du Cèdre
Mise en bouche, Domaine Emmanuel Darnaud 
Côte du Py, Dominique Piron
Aurélie Vic le Long Chemin Terrasses du Larzac, Domaine Preignes

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