Tapes dans le dos et tractage, Jean Castex plonge dans la campagne présidentielle

J-17 jours avant le premier tour de la présidentielle. Le Premier ministre Jean Castex est allé tracté jeudi dans les rues du Raincy en Seine-Saint-Denis.

Dans son style mêlant tapes dans le dos et interpellations enjouées, le Premier ministre Jean Castex a plongé de plain-pied jeudi dans la campagne présidentielle en arpentant les rues du Raincy (Seine-Saint-Denis), où il a été notamment interpellé sur la retraite à 65 ans.

Adepte des longs déplacements de terrain loin des lumières parisiennes qui ont fait la marque de son passage à Matignon, Jean Castex confiait avoir des fourmis dans les jambes depuis une semaine et le début de la période de réserve qui contraint les sorties et expressions ministérielles à l’approche du premier tour de la présidentielle.

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Avec ses tapes dans le dos, ses interpellations enjouées et ses observations frappées au coin du bon sens, le Premier ministre ne boude pas son plaisir ce jeudi matin en Seine-Saint-Denis, papillonnant, trois heures durant, d’un commerce à l’autre pour distribuer « un peu de littérature », à savoir un prospectus de 8 pages contenant les mesures-clés d’Emmanuel Macron.

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« Je sens que lui il vendrait des réfrigérateurs aux Esquimaux »

« Ah ! Je sens que lui il vendrait des réfrigérateurs aux Esquimaux », lance-t-il à un vendeur de téléphones hilare en lui glissant le papier dans les mains, après s’être extasié sur une bouteille de Madiran de la maison Brumont chez le caviste, et avoué à une laborantine être « douillet » au moment de se faire piquer. Quant aux lycéens en goguette et avides de selfies, il leur conseille de bien écouter le cours d’instruction civique de l’après-midi, « comme cela vous pourrez demander à quoi sert un Premier ministre ».

Au Monoprix, il devise aussi avec les deux réparateurs d’un escalator sur l’état du monde et ce conflit à l’est qui a « mis un coup » à la reprise économique, « alors qu’on venait de vivre la crise Covid ». Secouant la tête, le chef du gouvernement souffle aux deux ouvriers: « il faut qu’on s’accroche ». « Les Français sont très inquiets par la guerre en Ukraine. M. Poutine, les élections libres, il s’en fout. La meilleure façon de répondre à tout ça c’est d’exercer nos droits civiques. Et faire le meilleur choix pour la France », avancera-t-il un peu plus tard.

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Mais c’est surtout le thème des retraites qui s’invite spontanément dans les échanges, la proposition de relever l’âge de départ à 65 ans soulevant bien des interrogations.

Préoccupations autour de la réforme des retraites

« Je voulais savoir si j’étais concernée », demande ainsi une caissière née en 1963 à M. Castex. Elle qui pensait « y échapper » repartira avec une demie-réponse: « à voir. Les modalités restent encore à concerter » avec les partenaires sociaux.

Un boucher fait, lui, valoir la nécessaire prise en compte des carrières longues. « J’espère que j’aurai la retraite à 60 ans car j’ai commencé jeune », dit-il, appuyé par un livreur du marché de Rungis en tournée, soulignant la pénibilité d’un travail qui l’oblige à se réveiller à 1 heure du matin. Cette préoccupation autour de la réforme des retraites, « c’est normal, ce n’est pas du tout un petit sujet, il faut expliquer », concède Jean Castex . Castex.

« On va simplifier cela, avec calme, dans l’écoute, la discussion. L’objectif est de vivre mieux quand on sera à la retraite, par l’argent que l’on va mettre dans la santé, dans la dépendance. C’est une réforme globale », plaide-t-il devant la presse.

Alors que la précédente reforme a été mise au placard car jugée par Emmanuel Macron finalement « trop anxiogène », celle-ci est-elle de nature à davantage rassurer? « Laisser les retraites rongées par le déficit, ne rien faire, ça c’est très anxiogène. Pour mes enfants, ça me ferait très peur », argue encore le Premier ministre, avant de reprendre sa distribution de tracts escorté par le maire du Raincy Jean-Michel Genestier.

Inutile cependant d’essayer de deviner derrière l’énergie déployée par Jean Castex toute ambition pour le futur, alors que son avenir politique au-delà d’avril est nimbé de mystère. « Moi je suis chef du gouvernement et je dois expliquer à nos concitoyens ce que l’on a fait, pourquoi on l’a fait, pourquoi on n’a pas pu tout faire et pourquoi on a eu des difficultés », répète-t-il. « Mon sort personnel n’a pas grande importance ».

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