Tarek Bitar, ce juge qui affronte le système libanais

Par son opiniâtreté, le magistrat qui enquête sur l’explosion du port de Beyrouth en août 2020 attise les haines comme les sympathies dans l’opinion.

À Beyrouth, Muriel Rozelier

Au palais de justice de Beyrouth, le bureau du juge Bitar, chargé du « dossier du siècle » est exigu. « On pourrait se croire dans le bureau d’un quelconque sous-officier d’un aéroport de province », note le père de la petite Alexandra décédée dans l’explosion au port de Beyrouth, qui a fait plus de 200 morts et 6500 blessés, le 4 août 2020. Mais l’habit ne fait pas le moine et le très discret Tarek Bitar, 47 ans, est en train de se faire un nom dans l’histoire judiciaire du pays. Il est la personnalité vers qui convergent à la fois tous les espoirs et toutes les haines d’un pays qui n’en a jamais été avare.

Pour les familles des victimes, il est l’homme de fer, le « petit juge » qui ne plie pas face aux puissants, leur refusant l’impunité dans laquelle ils se vautrent depuis la fin de la guerre du Liban. « Quand nous l’avons rencontré, il nous a dit avoir accepté le poste pour nous rendre justice et que cela seul comptait à ses yeux. Il savait qu’il y risquait

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