trêve dans la «guerre du poisson» entre Paris et Londres

La France et la Grande-Bretagne se donnent «jusqu’à jeudi au moins» pour régler leur différend sur les licences de pêche accordées aux Européens dans les eaux britanniques après le Brexit.

De notre correspondant à Londres

Dans la «guerre du poisson», une trêve a été décrétée sur les deux rives de la Manche. Alors que les ultimatums volaient de part et d’autre et que les mesures de rétorsion auraient dû entrer en vigueur mardi, Français et Britanniques se sont donné un peu de temps. Des discussions, «jusqu’à jeudi au moins », afin de tenter de parvenir à un accord.

Est-ce l’effet du climat, qui impose de se serrer les coudes à la COP26? Les deux parties ont délesté leurs mots de leurs incantations martiales. Dès lundi soir, afin de «donner une chance» aux discussions, la France a repoussé la mise en place de ses mesures. «Ce n’est pas pendant qu’on négocie qu’on va mettre des sanctions», a estimé Emmanuel Macron, à la veille de l’ultimatum initialement fixé par Paris. Il s’agissait de l’interdiction faite aux chalutiers britanniques de débarquer leur cargaison dans les ports français et du renforcement des contrôles douaniers sur les camions débarquant de l’île.

Le gouvernement britannique a salué ce report et le porte-parole du premier ministre a souhaité «si possible des solutions consensuelles». La menace de sanctions croisées continue toutefois de planer. En riposte à des mesures françaises, Londres pourra lancer un recours juridique prévu dans le cadre de l’accord commercial post-Brexit, afin de demander des «mesures compensatoires». Et menace de renforcer les contrôles des bateaux de pêche européens.

Irlande du Nord

Londres affirme avoir accordé 98 % des demandes de licence de navires de l’UE pour pêcher dans ses eaux, un chiffre contesté par la France, qui parle de 90%. Le contentieux porte sur des navires de petit tonnage appelés à pêcher dans la zone des 6 à 12 milles des côtes britanniques ou dans les eaux de Jersey et Guernesey. Les pêcheurs français doivent pouvoir prouver qu’ils y travaillaient auparavant, entre 2012 et 2016.

Mais Français et Britanniques se disputent sur la nature et le nombre de justificatifs à fournir. Signe de l’ambiance encore tendue, le Telegraph accusait mardi les pêcheurs français de «mentir» sur cette antériorité de pêche, les autorités britanniques ayant utilisé des données satellites pour confondre leurs fausses affirmations…

Le ministre britannique chargé du Brexit, David Frost, et le secrétaire d’État français aux Affaires européennes, Clément Beaune, doivent se retrouver jeudi à Paris. Londres a précisé qu’il s’agissait de «résoudre l’ensemble des difficultés de la relation entre le Royaume-Uni et l’UE». Derrière la querelle sur la pêche se profile en effet le conflit plus compliqué de l’Irlande du Nord, Londres voulant réécrire le protocole signé avec l’accord de Brexit. Sur ce sujet, Boris Johnson sait qu’il n’aura pas en face de lui que la France.

Related Posts

Comments

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Histoires récentes