Un Palestinien abat cinq Israéliens près de Tel Aviv

La nouvelle attaque porte à 11 morts le bilan des attaques terroristes en une semaine.

Correspondant à Jérusalem,

C’est la plus grande vague terroriste en Israël depuis vingt ans. Un homme armé d’un fusil d’assaut a ouvert le feu dans une rue de Bnei Brak, une ville ultraorthodoxe au nord de Tel Aviv. Après l’attaque de Beer Sheva (4 morts), de Hadera (2 gardes-frontières tués dont une franco-israélienne), un troisième attentat ensanglante le pays à l’intérieur de ses frontières en une semaine. Selon un premier bilan, au moins cinq personnes ont perdu la vie. Le gouvernement et les forces de sécurité redoutaient ce scénario de l’escalade mais les services de renseignement semblent avoir été pris de court face à des menaces multiformes.

Le premier attentat a été perpétré par un Arabe israélien qui avait tenté de rejoindre les rangs de l’État Islamique (EI) voici quelques années, le second exécuté de manière méthodique par deux habitants d’une ville arabe a été revendiqué par Daech. Le troisième brouille la piste du terrorisme purement intérieur, sous influence de l’EI. L’auteur de la nouvelle tuerie est, selon la police, un Palestinien originaire de la région de Jénine en Cisjordanie, fief de la mouvance islamiste.

Un tueur de sang-froid

Sur des vidéos diffusées par les réseaux sociaux, le tueur aux cheveux courts paraît déterminé. Les images de la scène le montrent entrant dans une supérette et tirant sur un jeune homme, que l’on voit s’échapper dans un bâtiment voisin. Le tireur a ensuite pointé son fusil sur une autre personne à vélo, mais l’a manqué. Avec sang-froid, il cible, met en joue et tire sur un automobiliste. Il a été abattu sur les lieux. Le policier qui l’a neutralisé est décédé dans l’échange de tirs.

L’assaillant aurait été arrêté en 2013 pour des infractions à la sécurité et aurait purgé une peine de six mois de prison. Il se trouvait, selon la presse locale, en Israël de manière illégale. Les enquêteurs sont à la recherche d’éventuels complices.

Ces attaques surviennent au moment où des rencontres internationales se multiplient pour tenter d’atténuer les tensions à l’approche du ramadan, mois de jeûne musulman qui doit débuter en fin de semaine. L’an dernier, des heurts entre forces israéliennes et manifestants palestiniens pendant le ramadan à Jérusalem, notamment sur l’esplanade des Mosquées, avaient mené à une guerre meurtrière de onze jours entre le Hamas, au pouvoir à Gaza, et l’armée israélienne. Dans un communiqué, le Premier ministre Naftali Bennett a promis de «réagir avec une main de fer» et devait réunir en soirée de hauts responsables sécuritaires.

Le président palestinien Mahmoud Abbas a pour sa part émis une rare condamnation de l’attaque. «Le meurtre de civils palestiniens et israéliens ne fait qu’aggraver davantage la situation alors que nous nous efforçons tous d’atteindre la stabilité», a-t-il déclaré dans un communiqué transmis par l’agence officielle palestinienne Wafa.

Dans la soirée, Emmanuel Macron a condamné les attaques «avec la plus grande fermeté», rejoignant Berlin qui appelait un peu plus tôt à «éviter une spirale de violence pendant les fêtes à venir pour les juifs, les musulmans et les chrétiens».

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