Une colère antichinoise se fait entendre au Pakistan

RÉCIT – Les nuages s’accumulent sur le port de Gwadar, qui devait être la vitrine des investissements promis par Pékin.

New Delhi

De mémoire d’homme, on n’avait jamais vu ça. Le 10 décembre, dans le sud-ouest du Pakistan, le port de pêche de Gwadar, 47 000 âmes, a été le théâtre d’une gigantesque manifestation. Des dizaines de milliers de personnes sont descendues dans les rues au cri de «Gwadar ko haq do» («Donne à Gwadar ses droits»).

Emmenée par un parti islamiste, la Jamaat-e Islami, la foule a mené un sit-in du 16 novembre au 16 décembre. «C’est la première fois qu’une mobilisation a duré aussi longtemps», observe Palwasha (*), une habitante jointe par téléphone. La population réclamait notamment de l’eau potable et des mesures contre les chalutiers de la province voisine du Sindh, qui écument illégalement au large des côtes alors que les habitants peinent à vivre de la pêche. Derrière ces demandes pointe une lassitude à l’égard des autorités et de la Chine. Voilà vingt ans que Pékin investit pour bâtir un port capable de rivaliser avec Dubaï et Singapour, avec la bénédiction de l’armée et du pouvoir…

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