une jeunesse russe sidérée et déboussolée

REPORTAGE – Les jeunes russes seraient divisés à parts égales à propos de l’invasion en Ukraine, mais la crainte de s’exprimer ouvertement rend tout sondage difficile.

De notre correspondant à Moscou

Le 24 février dernier, à 8 heures du matin, Irina (1), 22 ans, a été réveillée en sursaut par son petit copain: «Ira, lève-toi, nous sommes en guerre», lui a-t-il dit. Depuis ce moment précis qu’elle n’oubliera jamais, la jeune étudiante moscovite est passée par toute la palette des sentiments: le choc, la sidération, la colère et la frustration de ne pas pouvoir protester.

Un mois plus tard, la jeune femme, longs cheveux blonds et yeux en amande surlignés de noir, est attablée au Flip Bar. Autour d’elle des étudiants révisent leurs cours en dégustant des cappuccinos. La Haute École de l’économie, une université réputée de la capitale où Irina étudie le journalisme, est juste de l’autre côté de la rue. Son émotion n’est pas retombée. «La chose la plus effrayante pour moi a été de constater que j’étais en minorité: la majorité des étudiants soutient l’“opération militaire spéciale” – je l’appelle comme cela car on risque la prison si on utilise un autre mot»

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