Vers un chargeur universel ? Trois questions sur la proposition de l’Union européenne

Et si un seul et même chargeur pouvait alimenter tous les téléphones portables existants ? C’est la nouvelle proposition de loi de la Commission européenne, qui veut imposer un chargeur universel pour les téléphones mobiles et autres appareils électroniques, au nom des droits des consommateurs et de l’environnement. Pourtant, tous les fabricants ne sont pas favorables à cette mesure, à commencer par le plus puissant d’entre eux, Apple. Retour en trois questions sur cette proposition très discutée. 

Que veut l’Union européenne ? 

La réglementation proposée par l’exécutif européen, qui devra être approuvée par les eurodéputés et les États membres, vise à harmoniser les ports de chargement pour les smartphones, tablettes, appareils photo, casques audio, enceintes et consoles de jeu portatives. 

Ce projet avait été lancé dès 2009 par la Commission et a fait l’objet en janvier 2020 d’une résolution du Parlement européen, mais il s’est jusqu’à présent heurté aux vives réticences de l’industrie, bien que le nombre de types de chargeurs existants se soit fortement réduit au fil des ans.

Comment cette mesure serait-elle mise en place ? 

Aujourd’hui, il n’y a plus que trois types de chargeurs sur le marché : le connecteur micro-USB qui a longtemps équipé la majorité des téléphones, l’USB-C, une connexion plus récente, et le Lightning utilisé par Apple. L’Union européenne veut désormais imposer le port USB-C à l’ensemble des appareils électroniques, ce qui permettrait d’utiliser indifféremment n’importe quel chargeur. En plus, l’harmonisation des technologies de charge rapide garantira la même rapidité de chargement, selon l’Union européenne. 

Logiquement, Bruxelles voudrait séparer la vente d’appareils électroniques et celle de chargeurs : « Une victoire pour les consommateurs et l’environnement. Les Européens en ont assez des chargeurs incompatibles s’entassant dans leurs tiroirs », a déclaré la commissaire européenne à la Concurrence, Margrethe Vestager, citée dans un communiqué.

« Nous avons donné plein de temps à l’industrie pour trouver des solutions. Désormais, le temps est venu de légiférer », a insisté la commissaire. « Il est temps de mettre fin à ce serpent de mer », a ajouté le commissaire au Marché intérieur, Thierry Breton, devant la presse, espérant une entrée en vigueur du texte d’ici « quelques semestres ».

Quelle est la réaction d’Apple ? 

Le géant américain Apple, qui fait valoir que sa technologie Lightning équipe plus d’un milliard d’appareils dans le monde, a aussitôt réitéré son opposition. « Cette réglementation étoufferait l’innovation au lieu de l’encourager et nuirait aux consommateurs en Europe et dans le monde », a indiqué le groupe. L’un des arguments principaux de l’entreprise californienne est qu’une telle loi pourrait générer « un volume sans précédent de déchets électroniques » en rendant obsolètes une partie des chargeurs en circulation. 

La Commission a rétorqué que les consommateurs européens, qui dépensent environ 2,4 milliards d’euros par an pour des achats de chargeurs seuls, pourraient économiser au moins 250 millions d’euros annuellement. En plus, les déchets de chargeurs non utilisés, évalués à 11.000 tonnes par an, pourraient être réduits de presque 1.000 tonnes.

Les géants technologiques américains « jouent toujours le coup de l’innovation qu’on étrangle. Ce n’est pas une réglementation contre l’innovation ou contre qui ce soit, elle vise à rendre la vie des consommateurs européens plus facile », a commenté Thierry Breton.

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